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Tchad : N’Djaména annonce son retrait de la CPI

Tchad : N’Djaména annonce son retrait de la CPI

Le gouvernement tchadien a officiellement notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision traduit sa volonté de privilégier les mécanismes judiciaires africains. Elle reflète également son rejet de ce qu’il considère comme un traitement inéquitable des États africains.

Lundi, les autorités ont transmis la notification au secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome. Cette démarche s’appuie sur l’article 127 du traité, qui fixe les conditions de retrait des États parties.

N’Djaména dénonce une justice « sélective »

Dans un communiqué signé par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ibrahim Adam Mahamat, le gouvernement explique avoir réévalué le fonctionnement de la CPI après plus de vingt ans d’activité.

Selon les autorités, les résultats obtenus depuis l’entrée en fonction de la Cour en 2002 ne répondent pas aux attentes de ses fondateurs. Elles estiment surtout que l’institution applique une justice marquée par une « sélectivité » qui vise principalement les pays africains.

Pour appuyer cette analyse, le communiqué cite les statistiques de la CPI arrêtées au 11 mai 2026. Sur treize enquêtes ouvertes depuis la création de la Cour, neuf concernent des États africains. En outre, les autorités soulignent que six des sept personnes détenues par la juridiction étaient poursuivies dans des affaires liées au continent africain.

Une position proche de celle de l’AES

Cette décision rapproche le Tchad de la ligne défendue par la Confédération des États du Sahel (AES). En effet, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont également engagé leur retrait de la CPI. Ces pays dénoncent eux aussi une justice internationale qu’ils jugent déséquilibrée.

Ils avaient annoncé leur intention de quitter la juridiction en septembre 2025. Ensuite, ils ont transmis leurs notifications officielles entre le 18 et le 24 juin 2026.

À l’image des États de l’AES, le gouvernement tchadien plaide pour un renforcement des institutions judiciaires africaines. Selon lui, ces juridictions disposent désormais des capacités nécessaires pour juger les auteurs des crimes les plus graves.

Un appel à renforcer la justice africaine

Au-delà de son retrait, le Tchad invite l’Union africaine à accélérer la mise en place de mécanismes judiciaires continentaux.

Pour les autorités, une justice africaine plus crédible, plus équilibrée et respectueuse des souverainetés nationales constitue une réponse adaptée aux défis du continent. Par ailleurs, le gouvernement insiste sur un point essentiel : cette décision ne marque pas un renoncement à la lutte contre l’impunité.

Au contraire, il affirme rester engagé dans la poursuite des auteurs de crimes internationaux. Toutefois, il souhaite désormais privilégier l’action des juridictions nationales et des institutions africaines.

Un retrait effectif en 2027

Conformément au Statut de Rome, le retrait du Tchad ne prendra pas effet immédiatement.

En effet, le traité prévoit un délai d’un an après la notification adressée au secrétaire général des Nations unies. Sauf évolution d’ici là, le pays cessera officiellement d’être État partie à la Cour pénale internationale le 27 juillet 2027.

Enfin, cette décision intervient dans un contexte de contestation croissante de la CPI par plusieurs gouvernements africains. Elle relance ainsi le débat sur l’équilibre de la justice pénale internationale et sur la place des institutions judiciaires africaines dans la lutte contre les crimes les plus graves.

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