Une voix et un clavier qui avaient marqué une époque se sont tus. Mobio Venance est décédé vendredi à Paris, où il vivait depuis plusieurs années. Le musicien, qui souffrait d’une maladie depuis plusieurs mois, était hospitalisé dans la capitale française.
Pianiste et chanteur, il avait participé aux grandes heures de Bozambo, formation afro-antillaise qui a marqué la scène musicale entre les années 1970 et 1980.
Une page de Bozambo se tourne
Mobio Venance avait rejoint Jimmy Hyacinthe et Georges Ouédraogo au sein de Bozambo. Entre 1973 et 1978, les trois musiciens ont contribué à installer le groupe parmi les formations marquantes de cette période.
La formation s’est ensuite séparée. Son répertoire a toutefois continué à traverser les générations.
Parmi les titres associés à cette époque figure notamment « N’te », devenu l’un des morceaux emblématiques du groupe.
Avec la disparition de Mobio Venance, Bozambo perd ainsi un autre de ses anciens membres majeurs. Jimmy Hyacinthe est décédé en 1991, tandis que Georges Ouédraogo a disparu en 2012.
Une carrière poursuivie après Bozambo
La séparation du groupe n’a pas mis fin au parcours musical de Mobio Venance.
L’artiste a continué à exercer comme instrumentiste auprès de plusieurs musiciens. Son activité l’a conduit à travailler en France, au Canada et sur le continent africain.
Au fil de sa carrière, il a notamment accompagné Chris Combette, Zal Sissokho, Wesli et Tiken Jah Fakoly.
Cette expérience lui a permis de rester au contact de différentes générations et de plusieurs univers musicaux.
De la scène à la production musicale
Mobio Venance s’était également intéressé à la production.
Installé à Courbevoie, en région parisienne, il avait créé son propre home studio. Il pouvait ainsi poursuivre son activité musicale en dehors des grandes scènes.
Originaire de la communauté Ébrié-Atchan d’Abidjan, le musicien avait conservé un lien avec ses racines ivoiriennes tout au long de son parcours.
Sa carrière témoigne ainsi d’un itinéraire entre plusieurs territoires musicaux, de la Côte d’Ivoire à l’Europe, en passant par le Canada.
Les obsèques prévues à Paris
Mobio Venance était marié et père d’un garçon. Il résidait à Courbevoie avant son décès.
À ce jour, ses proches n’ont pas encore communiqué la date des obsèques. Ils indiquent toutefois que la cérémonie devrait se tenir à Paris, conformément aux convictions religieuses du défunt.
Avec sa disparition, c’est une nouvelle figure de la génération qui a contribué à faire connaître la musique afro-antillaise qui s’éteint.