L’affaire QNET Côte d’Ivoire connaît un nouveau tournant. Quelques jours après sa condamnation par la justice ivoirienne, l’entreprise spécialisée dans la vente directe et le marketing de réseau annonce un recours contre la décision du tribunal.
Dans un communiqué publié mardi, QNET Africa Development Market (ADM) affirme respecter la procédure judiciaire. Toutefois, la société dit regretter les conclusions rendues par le tribunal.
« Nous respectons le processus judiciaire, mais nous regrettons les conclusions auxquelles le tribunal est parvenu. Nous exercerons les voies de recours qui nous sont ouvertes », a indiqué l’entreprise.
Par ailleurs, QNET assure qu’elle défendra ses arguments devant la juridiction d’appel. Elle estime que sa position pourra être examinée de manière juste et équitable.
La justice ivoirienne ordonne l’arrêt des activités de QNET
Le 30 juillet 2026, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a décidé de mettre fin aux activités de QNET en Côte d’Ivoire.
Selon la décision judiciaire, le tribunal a reconnu l’entreprise coupable d’escroquerie et de blanchiment de capitaux.
La justice a également prononcé plusieurs sanctions contre les principaux responsables concernés. Elles comprennent notamment une amende de 3 milliards de FCFA, une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi que la confiscation de certains biens.
De son côté, QNET indique ne pas vouloir faire davantage de commentaires. L’entreprise rappelle que la procédure judiciaire se poursuit avec l’appel annoncé.
QNET et les jeunes : un modèle économique au cœur des critiques
Depuis son arrivée en Côte d’Ivoire, QNET a développé son réseau auprès d’un public largement composé de jeunes.
L’entreprise mettait en avant un système permettant aux membres d’accéder à une indépendance financière grâce à la vente directe et au développement d’un réseau commercial.
Cependant, plusieurs plaintes ont remis en cause ce fonctionnement. Des plaignants affirmaient que les revenus dépendaient principalement du recrutement de nouveaux adhérents plutôt que de la vente réelle de produits.
Face à ces accusations, les autorités ivoiriennes ont progressivement renforcé leur surveillance sur les activités de l’entreprise.
Une procédure judiciaire engagée depuis 2018
Le dossier QNET remonte à plusieurs années.
En 2018, le ministère des Finances a lancé une enquête afin de vérifier la conformité des activités de l’entreprise avec la réglementation ivoirienne.
Depuis, plusieurs procédures ont suivi. Le 3 mars dernier, le parquet du PPEF a estimé que QNET était responsable des faits d’« escroquerie et de blanchiment de capitaux ».
Cette conclusion a conduit à la décision judiciaire annoncée en juillet.
L’appel de QNET ouvre une nouvelle étape
Avec ce recours, QNET engage une nouvelle phase dans son bras de fer judiciaire avec les autorités ivoiriennes.
L’entreprise souhaite faire valoir ses arguments devant la cour d’appel, tandis que la justice poursuit son action pour garantir le respect des règles encadrant les activités commerciales et financières.
Au-delà de cette affaire, le dossier QNET relance le débat sur la protection des consommateurs. Il rappelle également la nécessité pour les jeunes de rester prudents face aux promesses d’enrichissement rapide et aux opportunités économiques présentées comme faciles d’accès.