Le monde de la presse nigérienne est plongé dans l’inquiétude. Moussa Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS), demeure introuvable plusieurs jours après sa disparition à Niamey.
Le journaliste avait quitté son lieu de travail dans la soirée du 31 août. Depuis, ses proches et ses collègues ne parviennent plus à le joindre. Son véhicule serait également introuvable, selon des informations rapportées par des médias locaux.
Cette situation préoccupe particulièrement les organisations de défense des journalistes. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités nigériennes d’engager rapidement des recherches et de déterminer les circonstances de cette disparition.
RSF réclame des réponses
L’organisation internationale considère cette affaire avec une attention particulière en raison du contexte politique actuel au Niger.
RSF rappelle que Moussa Kaka est une figure connue de la presse nationale. Il dirige aujourd’hui la RTS et a auparavant travaillé comme correspondant de Radio France Internationale.
Pour l’ONG, les autorités doivent apporter des réponses précises sur ce qui s’est passé après son départ du bureau.
Human Rights Watch s’est également alarmée de la situation. L’organisation estime que les circonstances de cette disparition soulèvent de sérieuses inquiétudes.
Un journaliste déjà confronté aux autorités
Le parcours professionnel de Moussa Kaka donne une résonance particulière à cette affaire.
En octobre 2025, il avait été arrêté avec plusieurs autres journalistes dans une procédure liée à la diffusion d’une invitation à une conférence de presse. Les journalistes avaient été poursuivis pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public ».
Moussa Kaka avait ensuite bénéficié d’une remise en liberté sous caution. Plusieurs autres journalistes concernés par cette procédure ont également retrouvé la liberté, le dernier d’entre eux ayant été libéré le 28 août 2026.
Cette précédente affaire est aujourd’hui rappelée par les organisations de défense des droits humains, sans qu’elle permette pour autant d’établir un lien avec la disparition actuelle.
Une affaire qui survient après les troubles de Niamey
Le calendrier nourrit également les interrogations.
La disparition du journaliste intervient seulement quelques jours après les événements ayant secoué Niamey à la fin du mois d’août. Une tentative de prise de contrôle de plusieurs sites stratégiques avait alors plongé la capitale dans une situation de forte tension.
Les autorités nigériennes ont annoncé avoir repris la maîtrise de la situation. Elles ont également présenté du matériel récupéré après les affrontements.
Aucun élément disponible ne permet cependant d’affirmer que ces événements sont liés à la disparition de Moussa Kaka. Les circonstances restent à établir.
La liberté de la presse de nouveau sous les projecteurs
Cette affaire intervient dans un environnement déjà difficile pour les médias nigériens.
Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 2023, plusieurs organisations internationales dénoncent régulièrement les pressions exercées sur les journalistes et les restrictions pesant sur le travail de la presse.
La disparition de Moussa Kaka ravive donc les inquiétudes concernant la sécurité des professionnels des médias.
Pour les organisations de défense des droits humains, l’enjeu immédiat reste toutefois de retrouver le journaliste et de déterminer précisément ce qui lui est arrivé.
Les recherches toujours attendues
La priorité est désormais de disposer d’informations vérifiables.
La famille et les collègues de Moussa Kaka restent dans l’attente de nouvelles. RSF demande une enquête afin de localiser le journaliste et d’établir les circonstances de sa disparition.
Tant qu’aucune information officielle ne permet de comprendre ce qui s’est passé, les hypothèses doivent rester prudentes.
L’affaire place surtout les autorités nigériennes face à une attente forte : retrouver Moussa Kaka et apporter des réponses transparentes à sa famille, à ses confrères et à l’opinion publique.