La situation devient préoccupante dans l’Agnéby-Tiassa. Depuis le vendredi 31 juillet, l’eau potable à Agboville et dans plusieurs localités environnantes présente une coloration inhabituelle. Face à ce phénomène, le préfet de région, Sihindou Coulibaly, a réuni les responsables administratifs et communautaires afin d’organiser la riposte.
Les communes d’Agboville et de Grand-Morié, ainsi que les villages d’Attobrou et de Yapo, sont concernés par cette alerte. Les premières analyses font état d’une contamination liée aux activités d’orpaillage clandestin.
Une pollution attribuée aux activités minières illégales
Selon les autorités locales, l’origine du problème se situerait en amont du fleuve Agbo, dans la région du Moronou. Cette rivière constitue une source importante d’approvisionnement en eau pour plusieurs habitants de l’Agnéby-Tiassa.
D’après les premières observations réalisées par les services compétents, l’eau contiendrait des substances issues de l’exploitation illégale de l’or, notamment du cyanure.
Le préfet Sihindou Coulibaly a rappelé que cette situation intervient malgré les nombreux investissements réalisés ces dernières années pour améliorer l’accès à l’eau dans la région.
Des investissements importants menacés
Les autorités locales soulignent les efforts consentis pour renforcer le réseau hydraulique dans la zone. Plusieurs kilomètres de canalisations ont été installés afin d’améliorer la desserte des populations.
Le coût de l’accès au service d’eau a également été revu à la baisse pour favoriser de nouveaux branchements. Cependant, selon le préfet, la pollution provoquée par l’orpaillage clandestin constitue aujourd’hui une menace pour ces avancées.
Des analyses révèlent une forte dégradation de la qualité de l’eau
Les premières données communiquées par l’Office national de l’eau potable (ONEP) confirment une importante détérioration des paramètres de qualité.
Soro Nahoua, responsable régional de l’ONEP, a indiqué que le niveau de turbidité mesuré dépasse largement les normes recommandées. Des traces de métaux lourds, dont le mercure, ainsi que du cyanure, ont également été signalées.
Ces éléments inquiètent les spécialistes en raison des risques sanitaires liés à une exposition prolongée à ces substances.
Les populations appelées à éviter l’eau du robinet
Face au risque sanitaire, les autorités ont demandé aux habitants de ne plus utiliser l’eau des robinets pour la consommation.
En attendant les résultats définitifs des analyses du Laboratoire national d’appui au développement agricole (LANADA), les populations sont invitées à privilégier l’eau en bouteille ou provenant de sources contrôlées.
Par ailleurs, les puits doivent être traités avant toute utilisation. Des camions-citernes seront également mobilisés pour assurer l’approvisionnement des ménages.
Une opération contre l’orpaillage clandestin annoncée
Pour limiter la propagation de la pollution, une nouvelle mission de surveillance par drones est prévue dans la zone concernée. Cette opération doit permettre d’identifier les sites clandestins et de procéder à leur démantèlement.
Ce nouvel épisode rappelle une situation déjà vécue par Agboville en 2024, lorsque la région avait connu une longue interruption de l’approvisionnement en eau potable à la suite d’une pollution similaire.