Voir, comprendre et suivre le quotidien ivoirien

Partager

>

Côte d’Ivoire : le PPA-CI veut revoir la lutte contre l’orpaillage

Côte d’Ivoire : le PPA-CI veut revoir la lutte contre l’orpaillage

Le débat sur l’orpaillage prend une nouvelle dimension politique. Le PPA-CI appelle à traiter le phénomène au-delà des seules opérations sur le terrain.

La lutte contre l’orpaillage illégal ne devrait pas se limiter aux interventions sur les sites clandestins. C’est la conviction défendue par Justin Koné Katinan lors d’une tribune du PPA-CI à Abidjan-Cocody.

Le responsable de l’opposition propose une lecture plus large du phénomène. Il l’associe aux difficultés économiques, aux circuits financiers informels et aux problèmes de gouvernance des ressources minières.

Katinan remet en question la réponse actuelle

Pour le quatrième vice-président du PPA-CI, les opérations contre les exploitations clandestines ne permettent pas de régler durablement la situation.

Selon lui, détruire les installations et interpeller les exploitants ne suffit pas. Il estime que les autorités doivent aussi agir sur les conditions qui favorisent l’implantation de ces activités.

Cette position intervient alors que l’orpaillage illégal s’est fortement étendu sur le territoire ivoirien. Le PPA-CI affirme que le phénomène concerne aujourd’hui 29 régions sur 31.

Le parti d’opposition considère cette progression comme le signe d’un problème beaucoup plus profond.

L’accès aux financements au centre du débat

Justin Koné Katinan a notamment insisté sur les difficultés rencontrées par une partie de la population pour accéder aux services financiers.

Crédit difficile à obtenir, couverture d’assurance limitée et faible bancarisation figurent parmi les éléments évoqués durant la tribune.

Pour le dirigeant politique, ces contraintes peuvent pousser certains acteurs vers des activités procurant des revenus rapides.

Il établit ainsi un lien entre les fragilités économiques et le développement de plusieurs activités informelles ou clandestines.

Dans son analyse, l’orpaillage s’inscrit aux côtés d’autres phénomènes comme la corruption et le blanchiment de capitaux.

Une responsabilité politique mise en avant

Le PPA-CI ne s’est pas limité à une analyse économique. Le parti met également en cause la gouvernance du RHDP.

Katinan estime notamment que l’ampleur prise par l’orpaillage ne peut être expliquée par des facteurs récents.

Il rappelle que l’exploitation clandestine de l’or s’est développée dans certaines zones du pays durant la crise politico-militaire de 2002.

Le responsable du PPA-CI soutient que des circuits économiques liés à l’or auraient alors pris forme dans les territoires échappant au contrôle de l’État.

Selon son analyse, ces activités auraient ensuite évolué et gagné d’autres régions après 2011.

Cette lecture historique constitue la position défendue par le PPA-CI lors de sa tribune.

Le phénomène pose aussi un problème environnemental

Au-delà de l’économie et de la politique, Katinan a insisté sur les conséquences de l’exploitation clandestine des ressources.

La multiplication des sites affecte notamment les terres et les ressources naturelles. Pour le PPA-CI, la question environnementale doit donc occuper une place importante dans les politiques publiques.

Le parti estime également nécessaire de mieux suivre les flux financiers liés à l’exploitation et à la commercialisation de l’or.

Cette approche permettrait, selon lui, de s’attaquer aux réseaux qui tirent profit de l’activité plutôt que de concentrer les efforts sur les seuls exploitants présents sur les sites.

Le débat sur l’orpaillage se poursuit

La sortie de Koné Katinan intervient dans un contexte où plusieurs acteurs politiques proposent des réponses différentes au problème.

Le COJEP avait notamment plaidé, en août 2026, pour la création d’un mécanisme de traçabilité de l’or.

Le PPA-CI souhaite, pour sa part, replacer la question dans une réflexion plus globale sur l’économie ivoirienne et la gestion des ressources naturelles.

Pour la formation d’opposition, une réponse durable devra donc combiner contrôle, prévention, accompagnement économique et lutte contre les circuits financiers clandestins.

L’orpaillage illégal apparaît ainsi comme un sujet qui dépasse largement la seule question minière. Il devient également un enjeu de gouvernance, d’environnement et de développement économique.

Voir aussi

Vitale et Marko Versace : une nouvelle crise dans leur mariage

Michel Gohou reçoit le Prix d’Excellence aux Africa Next Awards 2026

Seko Fofana : la FIF rend hommage au champion d’Afrique après sa retraite internationale

Mobio Venance, figure de Bozambo, est décédé à Paris à 70 ans

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *