Le gouvernement malien refuse toute spéculation sur une éventuelle intervention militaire américaine sur son territoire. Au lendemain des révélations du Washington Post évoquant l’examen, par l’administration de Donald Trump, d’un projet de frappes contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réaffirmé que le Mali entend assurer lui-même sa sécurité.
Selon l’enquête du quotidien américain, des responsables de l’administration Trump étudieraient la possibilité de mener des frappes ciblées contre le JNIM, une organisation affiliée à Al-Qaïda qui a renforcé son influence au Mali et dans plusieurs pays du Sahel. Le journal précise toutefois qu’aucune décision définitive n’a été prise et que le débat se poursuit au sein de l’administration américaine.
Bamako attend une position officielle de Washington
Interrogé lors d’une conférence de presse, Abdoulaye Diop a indiqué que les autorités maliennes ne disposaient d’aucune confirmation officielle des États-Unis.
Le chef de la diplomatie malienne a rappelé que les informations circulant sur une éventuelle intervention reposaient, à ce stade, sur des publications de presse. Il a donc invité à attendre une communication officielle de Washington avant d’en tirer des conclusions.
« Le Mali compte sur lui-même »
Tout en restant prudent, le ministre a réaffirmé la doctrine défendue par les autorités de la Transition. Selon lui, le Mali n’attend pas qu’une puissance étrangère vienne résoudre les défis sécuritaires auxquels il est confronté.
Abdoulaye Diop a insisté sur le fait que le pays s’appuie avant tout sur ses Forces de défense et de sécurité, ses ressources et ses propres capacités. Il a également rappelé que toute coopération internationale doit respecter trois principes : la souveraineté du Mali, les choix souverains de l’État et les intérêts du peuple malien.
Une déclaration qui s’inscrit dans la ligne de la Transition
Cette prise de position s’inscrit dans la politique de souveraineté mise en avant par les autorités dirigées par le général Assimi Goïta depuis leur arrivée au pouvoir.
Depuis plusieurs années, Bamako a réorienté ses partenariats sécuritaires, tout en affirmant sa volonté de réduire sa dépendance vis-à-vis des puissances occidentales. Les autorités maliennes répètent régulièrement que toute coopération étrangère doit répondre aux priorités définies par le Mali.
Une intervention américaine encore hypothétique
À ce stade, les États-Unis n’ont annoncé aucune opération militaire au Mali. Les informations publiées par le Washington Post évoquent uniquement une réflexion menée au sein de l’administration américaine sur la réponse à apporter à la montée en puissance du JNIM dans la région.
En attendant une éventuelle décision de Washington, Bamako maintient sa position. Le gouvernement malien affirme qu’il poursuivra la lutte contre les groupes armés en s’appuyant d’abord sur ses propres moyens et dans le respect de sa souveraineté.