Léandre Koffi veut aller plus loin dans la lutte contre l’orpaillage clandestin. Le député propose une suspension de l’exploitation aurifère pendant cinq ans sur l’ensemble du territoire ivoirien. Cette mesure concernerait aussi bien les activités illégales que les exploitations autorisées.
Selon l’élu, cette pause permettrait au pays de revoir ses méthodes d’exploitation et de renforcer la protection de ses ressources naturelles.
Léandre Koffi réclame un moratoire de cinq ans
La lutte contre les sites clandestins ne suffirait plus, selon le parlementaire. Léandre Koffi souhaite donc une interruption générale de l’exploitation de l’or.
« Je propose qu’on interdise complètement et tout simplement l’exploitation d’or en Côte d’Ivoire pendant au moins cinq ans », a-t-il déclaré mercredi 19 août 2026.
Pour le député, cette période devrait permettre aux autorités d’évaluer les conséquences de l’activité minière. Elle pourrait aussi favoriser la restauration des terres et des espaces naturels fortement dégradés.
Les cours d’eau figurent également parmi ses principales préoccupations. L’exploitation aurifère peut en effet affecter les sols et les écosystèmes lorsqu’elle n’est pas suffisamment encadrée.
Une réflexion sur l’avenir des ressources ivoiriennes
Au-delà des dégâts environnementaux, Léandre Koffi pose la question de l’héritage laissé aux générations futures.
« Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? », s’interroge-t-il.
Le parlementaire estime ainsi que l’orpaillage clandestin doit devenir une véritable question d’intérêt national. Il appelle également à éviter que ce dossier ne se transforme en querelle entre formations politiques.
Pour lui, la préservation des ressources naturelles doit dépasser les clivages partisans.
Les exploitations légales également dans le viseur
La proposition du député ne se limite pas aux sites clandestins. Léandre Koffi souhaite aussi examiner les pratiques des sociétés qui disposent d’autorisations officielles.
Il affirme que certaines exploitations légales pourraient utiliser les cours d’eau dans leurs activités. Face à ces soupçons, il réclame, avec d’autres parlementaires, une enquête permettant de faire la lumière sur ces pratiques.
Le moratoire proposé pourrait également servir à auditionner les grandes entreprises minières. Ces dernières pourraient être invitées à présenter leurs méthodes d’extraction et les mesures prises pour limiter leur impact environnemental.
Le député veut s’attaquer aux réseaux de l’or clandestin
Pour Léandre Koffi, la lutte contre l’orpaillage illégal ne doit pas s’arrêter aux sites d’exploitation.
Il souhaite remonter les circuits qui financent cette activité. Le député demande notamment que les autorités identifient les personnes qui soutiennent financièrement les exploitations clandestines ainsi que celles qui achètent leur production.
Il s’interroge aussi sur l’origine et la circulation de produits comme le mercure et le cyanure, utilisés dans certaines opérations d’extraction.
La suspension de l’exploitation aurifère proposée par le parlementaire s’inscrit donc dans une réflexion plus large sur l’avenir du secteur minier ivoirien.
Léandre Koffi estime enfin que la responsabilité de cette lutte ne doit pas incomber au seul ministère des Eaux et Forêts. Il juge nécessaire de renforcer les actions sur le terrain, car la sensibilisation seule ne permettrait plus de contenir l’ampleur du phénomène.