L’ancien colonel Tom Byabagamba, qui avait dirigé la garde présidentielle de Paul Kagame, est mort en prison au Rwanda. Sa famille a appris son décès mardi 26 août 2026, après près de douze années de détention.
Les autorités militaires ont informé ses proches de sa disparition. À ce stade, aucune cause officielle n’a été communiquée.
Tom Byabagamba avait été condamné à 15 ans de prison
Né en 1967, Tom Byabagamba avait été arrêté en 2014. La justice rwandaise l’avait condamné deux ans plus tard à 21 ans de prison.
Les charges retenues contre lui comprenaient notamment l’« incitation au soulèvement » et des accusations liées à des activités susceptibles de « ternir l’image du pays ou du gouvernement ».
Sa peine avait ensuite été réduite à 15 ans à la suite d’un appel.
Avant sa condamnation, Tom Byabagamba avait occupé plusieurs fonctions au sein des services de sécurité rwandais. Il avait notamment assuré la direction de la garde présidentielle et fait partie de l’entourage sécuritaire de Paul Kagame.
Sa famille ignore les causes de sa mort
Un membre de la famille du défunt a confirmé son décès à l’AFP.
Selon ce proche, l’armée a informé la famille de la disparition de l’ancien officier, mais les circonstances exactes de sa mort restent inconnues.
Son frère David Himbara a également annoncé son décès sur le réseau social X. Ancien conseiller économique de Paul Kagame, celui-ci vit désormais en exil et critique régulièrement le pouvoir rwandais.
Aucune information officielle permettant d’établir les causes du décès n’a, pour l’heure, été rendue publique.
Un autre ancien responsable était mort en détention
Tom Byabagamba avait été condamné dans la même affaire que son beau-frère, le général à la retraite Frank Rusagara.
Ancien responsable du ministère rwandais de la Défense, ce dernier avait lui aussi été condamné par la justice. Il est décédé en prison en mars 2025.
Les deux hommes avaient notamment été accusés d’avoir critiqué le gouvernement rwandais. Les autorités reprochaient également à Frank Rusagara d’avoir relayé des messages attribués au Congrès national rwandais, un mouvement d’opposition établi en exil.
Un procès dénoncé par des organisations de défense des droits humains
Le procès des deux anciens responsables avait suscité des critiques de la part d’organisations internationales.
Human Rights Watch avait notamment évoqué des irrégularités dans la procédure. L’organisation avait également fait état d’accusations de torture et de pressions exercées sur des témoins.
En 2017, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait, lui aussi, considéré leur détention comme arbitraire.
La mort de Tom Byabagamba relance donc les interrogations autour de son incarcération et des conditions de sa détention. Les circonstances exactes de son décès restent toutefois à établir.