Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni, affiche désormais clairement ses ambitions politiques. Le chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) a annoncé son intention de briguer la présidence du pays en 2031.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il affirme vouloir accéder à la plus haute fonction de l’État à cette échéance. Il assure également compter sur le soutien de son père, qu’il présente déjà comme son futur directeur de campagne.
Muhoozi Kainerugaba vise la succession de son père
L’annonce du général marque une nouvelle étape dans ses ambitions présidentielles. Muhoozi Kainerugaba avait déjà évoqué par le passé son souhait de diriger l’Ouganda.
Cette fois, il fixe pour la première fois une échéance précise : 2031.
Le président Yoweri Museveni pourrait alors quitter le pouvoir après plusieurs décennies à la tête de l’Ouganda. Réélu en janvier 2026 pour un septième mandat, le dirigeant de 81 ans pourrait ainsi rester aux commandes jusqu’aux prochaines élections générales.
Muhoozi Kainerugaba estime déjà pouvoir bénéficier d’un important soutien électoral. Il affirme notamment qu’avec l’appui de son père, il pourrait obtenir jusqu’à 90 % des suffrages.
Museveni appelé à devenir son directeur de campagne
Le chef de l’armée ougandaise ne cache pas la place qu’il souhaite accorder à son père dans son éventuelle campagne.
Dans des publications diffusées après son annonce initiale, il présente Yoweri Museveni comme son futur chef de campagne.
Le gouvernement ougandais n’avait toutefois pas réagi publiquement à cette annonce au moment des déclarations du général.
Une éventuelle candidature de Muhoozi ouvrirait une nouvelle page dans la vie politique du pays et poserait directement la question de la succession de Museveni.
Un chef militaire au profil controversé
Depuis sa nomination à la tête de l’armée, Muhoozi Kainerugaba s’est régulièrement retrouvé au centre de polémiques.
Le général est particulièrement actif sur le réseau social X, où il publie fréquemment des messages sur des sujets politiques et internationaux.
Il avait notamment menacé d’intervenir au Kenya et évoqué une opération visant Khartoum, au Soudan. En juin, il avait également demandé à un important groupe de médias indépendants ougandais de suspendre ses activités.
À cette occasion, il avait affirmé ne pas croire à la liberté de la presse.
Des déclarations qui suscitent régulièrement la polémique
Les prises de position de Muhoozi Kainerugaba dépassent également les questions militaires et politiques.
Le général a notamment demandé à la Turquie de verser un milliard de dollars à l’Ouganda, sur un ton présenté comme humoristique. Il a également multiplié les déclarations personnelles concernant des personnalités internationales.
Il a notamment évoqué son souhait d’épouser la Première ministre italienne Giorgia Meloni et la chanteuse américaine Beyoncé.
Ces sorties ont contribué à renforcer son image de personnalité politique imprévisible.
Une succession qui se dessine en Ouganda
Avec cette annonce, Muhoozi Kainerugaba inscrit donc officiellement son ambition dans le calendrier politique ougandais.
Son éventuelle candidature en 2031 pourrait surtout placer la succession de Yoweri Museveni au cœur des débats bien avant le prochain scrutin.
Reste désormais à savoir comment le pouvoir ougandais, l’opposition et l’électorat accueilleront cette perspective.