La Guinée-Bissau affronte sa première épidémie de mpox. Sur 46 cas suspects recensés, 23 concernent des enfants de moins de 15 ans. À l’approche de la rentrée scolaire, l’UNICEF appelle à renforcer la surveillance et la prévention.
À l’approche de la rentrée scolaire, l’inquiétude monte en Guinée-Bissau. Le pays fait face à sa première épidémie de mpox, et les enfants occupent une place particulièrement préoccupante dans les données de surveillance.
Sur les 46 cas suspects recensés, 23 concernent des enfants âgés de moins de 15 ans, soit la moitié des personnes suspectées. Plus inquiétant encore, 16 de ces enfants ont moins de 5 ans, selon l’UNICEF.
Cette situation pousse l’organisation des Nations unies à renforcer son soutien au ministère de la Santé publique. Elle redoute notamment une aggravation de la transmission avec la réouverture des écoles prévue en septembre.
Sept cas confirmés, aucun décès
Au 17 août, les autorités sanitaires avaient confirmé sept cas de mpox en Guinée-Bissau. Tous concernaient des adultes. Six patients se trouvent dans le secteur autonome de Bissau et un autre dans la région de Biombo.
Aucun décès lié à la maladie n’a été signalé à cette date.
Le nombre de cas confirmés reste donc limité. Mais l’UNICEF considère la situation avec attention, car les sept patients confirmés ne semblent pas avoir de lien entre eux. Cette situation pourrait révéler l’existence de chaînes de transmission encore inconnues.
Autrement dit, le virus pourrait circuler dans certaines communautés sans que les autorités sanitaires aient encore identifié toutes les personnes infectées.
Les jeunes enfants au cœur des inquiétudes
Derrière les chiffres, l’UNICEF regarde surtout la situation des plus jeunes.
Parmi les 23 enfants suspects, 16 ont entre 0 et 4 ans. Cette forte présence des tout-petits inquiète l’organisation, car les jeunes enfants peuvent présenter un risque plus important de complications liées au mpox.
Pour les familles, la situation impose donc une vigilance accrue. Une fièvre, des lésions cutanées ou d’autres symptômes compatibles avec la maladie doivent inciter à demander rapidement un avis médical, surtout après un contact avec une personne susceptible d’être infectée.
Il ne faut toutefois pas confondre cas suspect et cas confirmé. Les autorités sanitaires doivent effectuer des examens pour déterminer si une personne porte réellement le virus.
La rentrée scolaire, un moment sensible
La réouverture des écoles en septembre ajoute une nouvelle difficulté à la réponse sanitaire.
Chaque jour, des milliers d’enfants vont se retrouver dans les salles de classe, les cours de récréation et les transports scolaires. Cette proximité peut compliquer le contrôle d’une éventuelle transmission du virus.
L’UNICEF souhaite donc renforcer la surveillance dans les communautés, améliorer la recherche des contacts et mieux informer les familles. L’organisation travaille avec le ministère de la Santé publique, l’Organisation mondiale de la santé et d’autres partenaires pour soutenir la riposte nationale.
L’information joue ici un rôle essentiel. Les parents, les enseignants et les agents de santé doivent savoir reconnaître les signes suspects et connaître les démarches à suivre.
Un système de surveillance encore fragile
La Guinée-Bissau doit également composer avec des faiblesses dans son dispositif de surveillance sanitaire.
L’UNICEF pointe notamment des difficultés dans la surveillance communautaire, l’identification des contacts, l’analyse des prélèvements et le suivi de la circulation du virus. Ces lacunes peuvent compliquer la détection rapide de nouveaux cas.
Pour une première épidémie, le défi paraît d’autant plus important. Les autorités doivent identifier les chaînes de transmission tout en renforçant les capacités des structures sanitaires.
L’UNICEF estime d’ailleurs que le pays a besoin de ressources supplémentaires pour soutenir cette réponse. L’agence demande plus de 150 000 dollars, soit environ 82 millions de francs CFA, pour financer ses actions ciblées.
Le mpox, une maladie connue depuis 1970
Le mpox, anciennement appelé « variole du singe », ne constitue pas une maladie nouvelle. Les scientifiques ont identifié le premier cas humain en 1970 en République démocratique du Congo.
Le virus peut passer de l’animal à l’être humain. Il peut également se transmettre entre personnes lors de contacts étroits, notamment par contact direct avec les lésions ou certains fluides corporels.
La maladie peut provoquer de la fièvre, des douleurs, une fatigue importante et des lésions cutanées. Son évolution varie toutefois selon les personnes.
Une vigilance nécessaire, sans céder à la panique
La Guinée-Bissau se trouve aujourd’hui face à un défi inédit. Le pays doit contenir sa première épidémie de mpox tout en protégeant une population particulièrement vulnérable : les enfants.
Les chiffres communiqués au 17 août restent relativement limités avec sept cas confirmés et aucun décès. Mais la présence de 23 enfants parmi les 46 cas suspects, dont 16 âgés de moins de 5 ans, justifie une surveillance renforcée.
À quelques semaines de la rentrée, la priorité consiste désormais à détecter rapidement les nouveaux cas, suivre les personnes exposées et donner aux familles des informations fiables.
Pour les parents comme pour les enseignants, le message reste simple : rester attentif, éviter la stigmatisation et consulter rapidement en cas de symptômes suspects. La prévention et l’information peuvent jouer un rôle déterminant pour empêcher cette première épidémie de prendre davantage d’ampleur.