Arrivé deuxième lors de la présidentielle du 13 août, Brian Mundubile conteste la victoire du président sortant Hakainde Hichilema. Il a annoncé son intention de saisir la justice pour contester les résultats.
Dans un communiqué, la police affirme mener depuis plusieurs années des investigations sur des menaces présumées contre la sécurité nationale. Elle souhaite également entendre Makebi Zulu, le colistier de Brian Mundubile.
Les autorités évoquent des « activités alarmantes » qui auraient été découvertes dans des locaux associés aux deux responsables. Elles n’ont toutefois pas détaillé les faits qui leur sont reprochés.
Brian Mundubile et Makebi Zulu rejettent les accusations. Les deux hommes contestent notamment tout lien avec une insurrection ou une quelconque milice.
Une convocation dans un contexte tendu
La convocation intervient quelques jours après une perquisition menée au domicile de Brian Mundubile, à Lusaka. Après cette opération, le responsable politique s’était placé à l’abri avec l’aide d’une organisation internationale de défense des droits humains.
La tension reste forte depuis le scrutin présidentiel. Les autorités ont également procédé à plusieurs arrestations dans les rangs de l’opposition.
Le 14 août, une opération policière menée dans la capitale avait notamment entraîné la mort de l’ancien ministre et député d’opposition Mutotwe Kafwaya. Onze personnes avaient également été arrêtées lors de cette intervention.
Jeudi, les services de l’immigration ont par ailleurs annoncé l’arrestation du secrétaire général de la coalition d’opposition.
Amnesty International alerte sur la répression
La situation préoccupe plusieurs organisations de défense des droits humains. Amnesty International a appelé les autorités zambiennes à mettre fin aux arrestations et aux détentions qu’elle considère comme arbitraires.
L’organisation demande également que les personnes détenues puissent accéder à un avocat, à leurs proches et aux soins nécessaires.
Ces événements interviennent alors que l’élection présidentielle a pourtant connu un déroulement globalement calme. Des observateurs internationaux ont néanmoins signalé des accusations d’intimidation, d’arrestations, d’enlèvements et de violences formulées par l’opposition.
Une démocratie sous pression
La Zambie s’est longtemps distinguée par ses alternances politiques pacifiques depuis le retour au multipartisme en 1991. Chaque changement de président s’est jusqu’ici effectué par la voie électorale.
Cette image s’est toutefois fragilisée ces dernières années. Depuis l’arrivée au pouvoir de Hakainde Hichilema en 2021, les relations entre le pouvoir et l’opposition se sont progressivement tendues.
La convocation de Brian Mundubile intervient ainsi dans un climat politique particulièrement sensible. Son audition pourrait encore accentuer les tensions entre les autorités et l’opposition zambienne.