Après sept ans de mariage, elle décide de partir
Après sept années de mariage, cette mère de famille affirme ne plus avoir la force de continuer. Elle a quitté le domicile conjugal depuis onze jours. Aujourd’hui, elle vit dans une chambre avec le strict minimum. Mais ses deux filles, âgées de 6 et 3 ans, sont restées auprès de leur père.
Son choix lui brise le cœur. Pourtant, elle estime avoir atteint ses limites après plusieurs années de tensions conjugales et d’infidélités.
Elle raconte son histoire avec une question qui la tourmente : doit-elle reprendre ses enfants malgré ses difficultés financières ou attendre une procédure de divorce pour demander leur garde et une pension alimentaire ?
Une première infidélité avait déjà fragilisé le couple
Les difficultés ont commencé lorsque son mari a eu un enfant avec une collègue.
La situation est devenue difficile à supporter. La femme continuait à travailler avec son mari. Elle participait aussi à certains événements où se trouvait la famille de l’épouse.
Pour cette dernière, cette proximité représentait une humiliation supplémentaire.
Elle avait alors quitté le foyer pendant trois mois. Elle était partie avec ses filles. Son mari avait ensuite demandé pardon.
Après l’intervention de plusieurs proches, elle avait accepté de revenir.
Le couple avait aussi lancé un commerce. Cette activité lui permettait de s’occuper et de reprendre progressivement confiance.
Elle pensait alors que le plus dur était derrière elle.
Une nouvelle grossesse fait voler les espoirs en éclats
Moins de deux ans plus tard, la situation s’est de nouveau dégradée.
La première femme, mère de l’enfant de son mari, était partie au Canada. L’épouse espérait retrouver une certaine tranquillité.
Mais son mari aurait eu une nouvelle relation. Cette fois encore, un enfant serait attendu. La femme serait enceinte d’environ sept mois.
Pour l’épouse, cette nouvelle grossesse est un choc.
Elle affirme également avoir subi les provocations de certaines des femmes concernées. Selon son témoignage, elles l’appellent et se rendent parfois dans sa boutique.
« Elles viennent me narguer », explique-t-elle.
Elle dit aussi avoir entendu qu’elle ne serait que « le choix de sa famille » et que son mari ne l’aimerait pas.
Ces paroles ont fini par accentuer son sentiment d’humiliation.
Elle choisit cette fois de partir sans ses filles
Lors de la première séparation, elle était partie avec ses enfants.
Cette fois, elle a pris une autre décision.
Elle a trouvé une chambre et y a installé quelques affaires. Un matelas, un réfrigérateur, une bouteille de gaz et une gazinière constituent l’essentiel de son nouveau quotidien.
Elle a aussi emporté quelques vêtements.
Depuis onze jours, elle vit loin du domicile conjugal.
Son mari s’est rendu dans sa famille pour tenter de la convaincre de revenir. Mais elle n’a pas communiqué son adresse.
Elle redoute les pressions de ses proches.
Elle affirme surtout ne plus vouloir retourner dans une relation qui lui fait perdre sa sérénité.
Ses filles restent au cœur de son dilemme
Malgré sa détermination, une question lui fait particulièrement mal : celle de ses enfants.
Ses deux filles ont 6 et 3 ans. Elles sont restées chez leur père.
La mère explique qu’elle n’a pas encore les moyens de les prendre en charge seule. Ses économies lui permettent de tenir quelque temps. Elles ne suffisent toutefois pas pour assurer toutes les dépenses d’une famille.
L’une de ses filles est une grande prématurée. Elle nécessite une attention particulière. Elle bénéficie aussi de l’assurance de son père.
Cette situation inquiète fortement la mère.
Elle craint de ne pas pouvoir payer les soins en cas de problème de santé.
Elle craint aussi de perdre son activité
La femme possède un commerce qui lui permet de gagner sa vie.
Elle redoute cependant que son mari ne cherche à l’empêcher de poursuivre cette activité.
Cette crainte renforce son incertitude.
Elle pourrait retourner dans sa famille. Ses proches pourraient certainement l’aider. Mais elle redoute surtout qu’on lui demande encore de retourner auprès de son mari.
Pour elle, cette étape est terminée.
Elle souhaite désormais reconstruire sa vie autrement.
Divorce : la question de la garde devient centrale
La mère envisage maintenant le divorce.
Elle souhaite aussi obtenir la garde de ses filles et demander une pension alimentaire pour leur entretien.
En Côte d’Ivoire, le divorce ne met pas fin aux obligations des parents envers leurs enfants. La loi relative au divorce et à la séparation de corps précise que les droits et obligations des père et mère subsistent après le divorce.
La garde, le droit de visite et le droit d’hébergement font également l’objet d’une décision judiciaire. Avant de statuer, le tribunal peut notamment ordonner une enquête sociale afin d’évaluer la situation familiale.
La question financière ne doit donc pas être le seul élément pris en compte.
Les besoins des enfants, leur stabilité et leurs conditions de vie comptent également.
Une pension peut contribuer à l’entretien des enfants
La législation ivoirienne prévoit aussi une obligation d’entretien et d’éducation des enfants. Les époux doivent contribuer à leurs besoins selon leurs facultés respectives.
Dans le cadre d’une séparation ou d’un divorce, la contribution destinée aux enfants peut donc être examinée par la justice.
Pour cette mère, cette possibilité représente un espoir. Elle pourrait lui permettre de retrouver progressivement ses filles sans devoir assumer seule toutes les dépenses.
Mais elle doit encore connaître précisément ses droits et les démarches à entreprendre.
Une décision difficile pour une mère
Son histoire ne se résume finalement pas à une séparation conjugale.
D’un côté, elle veut mettre fin à des années de souffrance. De l’autre, elle culpabilise de vivre loin de ses filles.
Elle entend leurs pleurs et leurs demandes. Pourtant, elle sait aussi qu’un retour précipité pourrait la ramener dans une situation qu’elle ne supporte plus.
Son choix actuel consiste donc à prendre de la distance. Elle veut retrouver une stabilité financière. Elle souhaite ensuite engager les démarches nécessaires pour organiser sa nouvelle vie.
Après sept années de mariage, cette mère ne demande plus seulement que son couple soit sauvé.
Elle cherche désormais à se sauver elle-même, sans renoncer à son rôle de mère.
Son plus grand défi sera de reconstruire son autonomie tout en préservant le lien avec ses deux filles. Et, surtout, de trouver un cadre légal qui protège leur avenir.