Des centaines de personnes ont manifesté jeudi à Tunis pour exprimer leur colère face aux difficultés d’accès à l’eau potable et aux coupures de courant. La mobilisation intervient alors que les températures élevées compliquent davantage le quotidien des habitants.
Les manifestants ont également dirigé leurs critiques contre le président Kaïs Saied. Ils ont demandé la libération de plusieurs opposants et militants emprisonnés.
Les pénuries d’eau et d’électricité alimentent la colère
Dans les rues de la capitale, les protestataires brandissaient des pancartes faisant référence au manque d’eau et aux interruptions de courant. Certains dénonçaient une situation devenue particulièrement difficile pendant cette période de fortes chaleurs.
« Ni eau, ni électricité, ni liberté », ont notamment scandé les manifestants.
L’ancien député Samir Ben Amor a lui aussi dénoncé les conditions de vie actuelles. Il estime que la population tunisienne subit une situation particulièrement éprouvante.
Le Forum tunisien pour les droits sociaux et économiques (FTDES) affirme que plusieurs centaines de manifestations ont eu lieu ces dernières semaines dans différentes régions du pays. Les difficultés liées à l’accès à l’eau potable et à l’électricité figurent parmi les principales revendications.
L’opposition réclame la libération des détenus
La mobilisation dépasse toutefois les seules questions sociales. Les manifestants ont également demandé la libération d’opposants et de militants actuellement détenus.
Ezzeddine Hazgui, figure de l’opposition de gauche, a dénoncé la situation politique en Tunisie. Selon lui, le pays traverse une période particulièrement difficile et le pouvoir ne tient plus suffisamment compte des institutions.
Les protestataires ont ainsi associé leurs revendications sociales à des demandes concernant les libertés publiques et les droits politiques.
Un climat politique toujours tendu
La Tunisie connaît une importante crise politique depuis le 25 juillet 2021. Kaïs Saied avait alors suspendu les travaux du Parlement avant de concentrer progressivement davantage de pouvoirs entre ses mains.
Depuis cette période, des organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent un recul des libertés publiques.
Plusieurs opposants et militants de la société civile font notamment l’objet de poursuites judiciaires. Les autorités utilisent entre autres un décret consacré à la lutte contre les fausses informations.
Les défenseurs des droits humains critiquent toutefois l’application de ce texte. Ils estiment qu’il peut servir à poursuivre des voix critiques du pouvoir.
La mobilisation de Tunis illustre donc une double contestation. D’un côté, les habitants dénoncent les difficultés quotidiennes liées aux pénuries d’eau et d’électricité. De l’autre, une partie de l’opposition réclame davantage de libertés et la libération des personnes détenues.