La labellisation du beurre de karité entre dans une phase décisive en Côte d’Ivoire. Ce jeudi 27 août 2026, le Comité national des indications géographiques et des marques collectives (CMC) se réunit à l’hôtel Ivotel, au Plateau.
Cette session doit permettre d’examiner les documents techniques liés à la création du label « Beurre de Karité de Côte d’Ivoire ». Ainsi, le pays veut mieux protéger ce produit et renforcer sa valeur sur les marchés.
Un label pour protéger le beurre de karité ivoirien
Le projet est porté par l’Office Ivoirien de la Propriété Intellectuelle (OIPI). Pour sa mise en œuvre, l’office bénéficie de l’appui du Projet des Chaînes de valeur Compétitives pour l’Emploi et la Transformation économique (PCCET).
L’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) accompagne également la démarche. Ensemble, ces acteurs veulent garantir l’origine, la qualité et l’authenticité du beurre de karité ivoirien.
Par conséquent, le futur label devrait mieux protéger le produit contre les usages abusifs de son appellation. Il pourrait aussi renforcer sa présence sur les marchés national et international.
Une filière essentielle pour les femmes du Nord
En Côte d’Ivoire, le karité représente un véritable enjeu économique et social. La filière fait vivre plus de 152 000 femmes, principalement dans les régions du Nord.
De plus, le pays possède un potentiel supérieur à 250 000 tonnes d’amandes de karité par an. En 2024, les acteurs ivoiriens ont exporté 14 078 tonnes de beurre de karité vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique.
Ces chiffres montrent le potentiel commercial du produit. Toutefois, la filière doit encore mieux valoriser cette production pour accroître les revenus des productrices.
C’est précisément là que la labellisation peut jouer un rôle. En effet, une origine clairement identifiée peut renforcer la confiance des acheteurs. Elle peut aussi faciliter l’accès à des marchés plus rémunérateurs.
La Côte d’Ivoire s’appuie sur l’expérience de l’attiéké
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, l’OIPI accompagne la valorisation des produits du terroir ivoirien grâce aux outils de la propriété intellectuelle.
En 2023, l’Attiéké des Lagunes, le Café des montagnes de Man et le Pagne Baoulé ont obtenu une reconnaissance en Indication Géographique Protégée (IGP).
Ensuite, l’attiéké dans son ensemble a obtenu une protection comme marque collective en mai 2024.
Ces reconnaissances apportent une protection juridique aux produits concernés. Elles permettent notamment de lutter contre l’usage abusif de leurs appellations et contre la contrefaçon.
Par ailleurs, cette protection concerne les 17 pays membres de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Elle peut donc accompagner la stratégie d’exportation des produits ivoiriens.
Vers une filière de karité mieux structurée
L’expérience de l’attiéké offre un précédent intéressant. La labellisation peut aider une filière à passer progressivement d’un fonctionnement informel à une organisation plus structurée.
Pour le beurre de karité, cette évolution pourrait améliorer la traçabilité. Elle pourrait également renforcer les garanties offertes aux consommateurs.
Surtout, les productrices pourraient bénéficier d’une meilleure valorisation de leur travail. Un produit identifiable et protégé peut, en effet, mieux se positionner face à la concurrence.
Ainsi, le futur label ne devrait pas seulement servir à distinguer le beurre de karité ivoirien. Il pourrait aussi créer une plus-value durable pour toute la chaîne de valeur.
Un nouveau levier pour les exportations ivoiriennes
La session du CMC représente donc une étape importante. L’adoption des documents techniques rapprocherait la Côte d’Ivoire de la création officielle du label.
À terme, cette reconnaissance pourrait améliorer la visibilité du beurre de karité ivoirien. Elle pourrait aussi consolider sa réputation auprès des acheteurs étrangers.
Pour les femmes qui vivent de cette activité, l’enjeu est encore plus concret. Une meilleure reconnaissance du produit peut ouvrir la voie à davantage de revenus et à une place renforcée dans la chaîne de valeur.
Avec la labellisation du beurre de karité, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à transformer un savoir-faire local en véritable marque de valeur, au bénéfice des productrices et de l’économie nationale.