Le Ghana refuse l’aide de MTN destinée aux ressortissants victimes de violences xénophobes en Afrique du Sud. L’opérateur avait proposé 20 millions de GHS, soit environ 1,8 million de dollars, pour soutenir leur rapatriement et leur réintégration. Le gouvernement estime toutefois avoir déjà mobilisé les ressources nécessaires.
Une offre de 20 millions de GHS
MTN Ghana voulait apporter un soutien financier aux Ghanéens touchés par les violences en Afrique du Sud. L’entreprise avait d’abord annoncé une enveloppe de 10 millions de GHS avant de la porter à 20 millions.
Le gouvernement de John Mahama a finalement décliné cette proposition.
Dans un communiqué publié le 26 août 2026, le ministère des Affaires étrangères a expliqué que l’État pouvait prendre en charge les opérations en cours. Les autorités ont également rappelé qu’elles avaient déjà présenté cette position aux dirigeants de MTN lors d’une rencontre le 14 août.
Accra poursuit le rapatriement des Ghanéens
Le rapatriement des Ghanéens se poursuit malgré le refus de l’aide proposée par MTN. Plusieurs ressortissants ont déjà regagné leur pays.
Le 17 août, un groupe de 87 Ghanéens est arrivé à Accra. Il constituait le onzième groupe évacué dans le cadre de la deuxième phase de l’opération.
Pour ces personnes, le retour au Ghana représente une nouvelle étape. Certaines ont quitté leur emploi, leur commerce ou leur logement en Afrique du Sud. Elles doivent désormais retrouver une stabilité.
Le gouvernement prévoit donc un accompagnement financier pour faciliter leur réintégration.
Les violences xénophobes provoquent l’inquiétude
Depuis plusieurs mois, des violences visant des étrangers alimentent les tensions en Afrique du Sud. Des groupes accusent notamment les migrants de prendre des emplois et des opportunités économiques aux populations locales.
Des commerces appartenant à des ressortissants étrangers ont également fait l’objet d’attaques.
Face à cette situation, plusieurs pays africains ont organisé le retour volontaire de leurs citoyens. Le Ghana a lui aussi renforcé son dispositif d’évacuation.
Pour les familles concernées, ces départs représentent souvent bien plus qu’un simple voyage. Ils signifient parfois l’abandon précipité d’une activité construite pendant plusieurs années.
Le gouvernement promet la transparence
Accra veut également rassurer la population sur la gestion financière de l’opération.
Le ministère des Affaires étrangères annonce la publication d’un rapport financier détaillé à la fin des rapatriements. Le document devrait présenter les dépenses engagées pour l’évacuation et la réintégration des ressortissants.
Le gouvernement affirme ainsi vouloir rendre compte de l’utilisation des fonds publics.
Le Ghana maintient ses relations avec MTN
Le refus du don ne signifie pas une rupture entre Accra et MTN Ghana.
Le gouvernement rappelle que les entreprises étrangères restent les bienvenues au Ghana. Il souhaite préserver un climat favorable aux investissements, quelle que soit l’origine des sociétés.
Cette position concerne directement MTN, groupe sud-africain fortement implanté dans le secteur des télécommunications ghanéennes.
Accra cherche donc à séparer la question des violences xénophobes en Afrique du Sud de ses relations économiques avec les entreprises étrangères.
Une aide refusée au nom de la prise en charge publique
En refusant les 20 millions de GHS proposés par MTN, le gouvernement ghanéen affirme vouloir assumer directement la prise en charge de ses ressortissants.
Le plus important reste maintenant leur réintégration. Après la peur et l’incertitude, les personnes rapatriées doivent reconstruire leur quotidien.
Le gouvernement promet de rester mobilisé jusqu’à la fin de l’opération. Il devra aussi tenir son engagement de publier le bilan financier des rapatriements.