À Bouaké, les vendeurs de produits cosmétiques non conformes disposent de quelques jours pour se mettre en règle. La Direction régionale du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat du Gbêkê prépare une vaste opération de contrôle. Elle ciblera les fabricants et les commerçants qui enfreignent la réglementation.
Le directeur régional, Fadiga Mamadou, a lancé cet avertissement le 18 août 2026. Il s’exprimait devant les médias et les opérateurs économiques de Bouaké. Pour l’instant, les autorités privilégient encore la sensibilisation. Cette période prendra fin avec le mois d’août.
Le temps de la sensibilisation touche à sa fin
Fadiga Mamadou veut laisser aux professionnels une dernière occasion de régulariser leurs activités. Il demande aux fabricants et aux commerçants de vérifier leurs produits et leurs autorisations.
« Nous avons mis un peu les actions répressives en veilleuse jusqu’à la fin du mois », a-t-il expliqué.
Après cette échéance, les services de contrôle passeront à l’action. Ils pourront rechercher les produits interdits ou non homologués dans les commerces et autres circuits de distribution.
Le directeur régional veut surtout mettre fin à une pratique qui inquiète les autorités : la fabrication artisanale de produits cosmétiques par mélange de substances non autorisées.
Produits éclaircissants : les substances interdites dans le viseur
La Côte d’Ivoire dispose d’un cadre réglementaire pour encadrer les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle.
Le décret n°2015-288 du 29 avril 2015 fixe notamment les règles applicables à ces produits. Il interdit l’utilisation de certaines substances jugées dangereuses dans les cosmétiques.
Le texte vise notamment les corticoïdes et corticostéroïdes, le mercure et ses dérivés ainsi que certains dérivés de la vitamine A. Il fixe également une limite de 2 % pour l’hydroquinone.
Ces règles concernent particulièrement les produits éclaircissants. Certaines préparations vendues sur le marché peuvent contenir des substances interdites ou présenter des concentrations non conformes.
Pour les autorités, le consommateur doit pouvoir connaître la composition et l’origine des produits qu’il utilise.
Thés amincissants et produits « volumateurs » sous surveillance
Les contrôles ne concerneront pas uniquement les crèmes éclaircissantes.
Fadiga Mamadou a aussi cité les thés amincissants et les gélules destinées à favoriser la perte de poids. Les produits qui promettent d’augmenter le volume des fesses ou de la poitrine figurent également parmi les produits surveillés.
Ces marchandises peuvent toucher directement à la santé des consommateurs. Les autorités exigent donc les autorisations et contrôles prévus par la réglementation.
Selon le directeur régional, de nombreux produits présents sur le marché ne disposent pourtant d’aucune homologation. Certains n’ont pas non plus subi les analyses nécessaires.
Cette situation préoccupe les services de contrôle. Elle rend difficile l’identification des substances utilisées dans certains produits.
Les vendeurs en ligne dans le viseur
Le commerce sur les réseaux sociaux constitue un autre défi pour les autorités.
Certains vendeurs utilisent désormais les plateformes numériques pour présenter leurs produits et prendre des commandes. Ils peuvent ainsi toucher des clients sans disposer d’une boutique facilement identifiable.
Cette situation ne les met pas à l’abri des contrôles.
« Nous avons la possibilité de les tracer », a prévenu Fadiga Mamadou.
Les services compétents entendent donc surveiller aussi les ventes réalisées sur Internet. Les vendeurs de produits non conformes devront répondre des marchandises qu’ils proposent aux consommateurs.
Bouaké veut assainir son environnement commercial
Pour les autorités, cette opération répond également aux ambitions économiques de Bouaké.
La ville veut renforcer son attractivité industrielle et commerciale. L’État prévoit notamment le développement de sa zone industrielle. Dans ce contexte, la Direction régionale du Commerce estime nécessaire d’assainir les activités économiques.
« Bouaké, aujourd’hui, a vocation à devenir une grande ville industrielle », a rappelé Fadiga Mamadou.
Les services de contrôle ont déjà procédé à des saisies de produits illicites. Ces opérations annoncent le durcissement attendu dans les prochains jours.
Une réglementation qui concerne toute la Côte d’Ivoire
L’opération lancée à Bouaké ne constitue pas une mesure limitée au Gbêkê. Le décret n°2015-288 s’applique sur l’ensemble du territoire ivoirien.
Il encadre la fabrication, l’importation, l’homologation, la distribution et la commercialisation des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle.
Bouaké sert donc de point d’application local à une réglementation nationale.
Les fabricants et les commerçants disposent encore de quelques jours pour se mettre en conformité. Après la fin août, les autorités annoncent une surveillance plus stricte.
Pour les consommateurs, cette offensive doit surtout permettre de mieux protéger leur santé. Pour les professionnels, elle marque aussi un rappel : les promesses de beauté, d’amincissement ou de transformation corporelle ne dispensent pas du respect des règles.