Les victimes de Koumassi Campement veulent désormais voir le dossier judiciaire avancer. Dimanche 20 septembre 2026, leur collectif a tenu une conférence de presse sur les ruines du site, dans la commune de Koumassi.
À cette occasion, son président, Didier Kouamé, a salué les éléments communiqués par le procureur de la République quatre jours plus tôt. Il a toutefois appelé à accélérer la procédure.
L’enquête porte sur les démolitions intervenues le 3 juin 2026. Le parquet avait indiqué, le 16 septembre, que les investigations se poursuivaient et que plusieurs personnes avaient déjà été entendues.
Les victimes veulent une accélération de la procédure
Pour Didier Kouamé, l’attente reste difficile pour les familles touchées par la destruction de leurs biens.
« L’appel essentiel, c’est que l’enquête soit un peu accélérée », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.
Le président du collectif estime que les éléments déjà recueillis devraient permettre à la procédure de progresser. Il demande donc que les investigations aboutissent dans un délai raisonnable.
Cette demande intervient après le point fait par le procureur Braman Koné sur l’état de l’enquête. Le magistrat avait notamment indiqué que l’information judiciaire se poursuivait.
Le collectif réclame aussi le descellement du site
Au-delà de l’enquête, les victimes souhaitent également retrouver l’accès au site.
Le quartier est placé sous scellés depuis le 12 juin. Pour le collectif, leur levée permettrait aux propriétaires concernés de reprendre la disposition de leurs biens et d’envisager différentes solutions.
Cette situation concerne notamment les propriétaires qui ne vivaient pas forcément sur place. Selon le collectif, certains locataires ont déjà pu trouver un autre logement. Les propriétaires restent, eux, confrontés aux conséquences de la destruction de leurs constructions.
La demande de descellement constitue donc l’un des principaux points soulevés lors de la conférence de presse du 20 septembre.
Ce que l’enquête a déjà établi
Le dossier judiciaire a connu une nouvelle étape avec la conférence de presse du procureur le 16 septembre.
Selon le parquet, la décision de justice invoquée pour justifier les démolitions du 3 juin ne permettait pas de détruire les constructions concernées. Les vérifications ont établi que le tribunal avait autorisé le déguerpissement de cinq habitations, sans ordonner leur démolition.
Une information judiciaire a été ouverte le 10 juin. Par la suite, Alloui Brou Jacques a été placé sous mandat de dépôt le 29 juin. Le parquet a également indiqué que plusieurs personnes susceptibles d’apporter des informations utiles avaient été entendues.
Les investigations se poursuivent donc afin de déterminer les circonstances exactes de l’opération et les responsabilités éventuelles.
Les familles sollicitent un soutien pour la rentrée scolaire
La situation des familles reste également une préoccupation pour le collectif.
À l’occasion de la rentrée scolaire, Didier Kouamé a lancé un appel à la solidarité. Il souhaite notamment que les enfants des familles sinistrées puissent bénéficier de fournitures scolaires.
« Nous sommes à la rentrée, en tout cas des kits scolaires pourraient soulager un tant soit peu les parents », a-t-il déclaré.
Selon le collectif, des organisations non gouvernementales ont annoncé leur intention d’apporter des kits scolaires aux enfants concernés.
Didier Kouamé a par ailleurs remercié les personnes et institutions qui ont apporté leur soutien aux familles. Il a notamment cité la députée Adjaratou Traoré, l’honorable Traoré Mariam et la Première dame.
Les victimes préparent aussi leur dossier judiciaire
En parallèle de la procédure menée par les autorités judiciaires, le collectif poursuit ses propres démarches.
Selon Didier Kouamé, un constat d’huissier a déjà été établi. Une plainte a également été rédigée.
Les victimes indiquent par ailleurs avoir été entendues par la Haute Autorité pour la bonne gouvernance ainsi que par la doyenne des juges d’instruction.
Ces démarches viennent compléter les procédures déjà engagées autour des démolitions du 3 juin.
Les victimes disent vouloir rester dans le calme
Malgré leurs demandes, les responsables du collectif assurent vouloir poursuivre leurs démarches dans le calme.
Ils disent également continuer à faire confiance à la justice pour établir les responsabilités dans cette affaire.
Leur principale attente porte désormais sur la suite de l’information judiciaire et sur le sort réservé au site placé sous scellés.
Pour les familles touchées, l’enjeu est à la fois judiciaire et matériel. Elles souhaitent connaître les responsabilités liées aux démolitions, mais aussi pouvoir reprendre la gestion de leurs biens et trouver des solutions pour les personnes encore affectées.