L’affaire remonte au mercredi 8 septembre 2026, dans le quartier Mahou, à Cocody-Angré. Vers 13 heures, trois personnes se présentent dans un point Mobile Money pour effectuer un dépôt de 750 000 francs CFA.
La gérante vérifie alors la liasse. Les billets sont authentiques. Pourtant, les clients interrompent la transaction quelques instants plus tard. Ils récupèrent leur argent et quittent les lieux.
Le groupe revient ensuite avec la même somme, en apparence. Comme les billets viennent d’être contrôlés, la gérante ne procède pas à une nouvelle vérification approfondie. Elle valide finalement le dépôt.
C’est à ce moment que la fraude présumée se révèle. Selon les premiers éléments de l’enquête, la liasse présentée lors du second passage aurait été remplacée par une autre contenant des faux billets.
L’argent est alors crédité, transféré vers un autre compte, puis retiré rapidement. La supercherie n’est découverte qu’après le départ des suspects. Le préjudice est évalué à 740 000 francs CFA.
Trois suspects interpellés dix jours plus tard
Après la plainte de la gérante, les enquêteurs du commissariat du 22e arrondissement ouvrent une enquête.
Dix jours plus tard, le vendredi 18 septembre vers 11 heures, trois personnes sont interpellées. Il s’agit de A. D., 35 ans, de dame K. A., 39 ans, et de dame A. D., 31 ans.
Les investigations permettent ensuite de découvrir plusieurs éléments susceptibles d’étayer les soupçons des enquêteurs.
Près de 2,8 millions de FCFA en faux billets saisis
Les policiers saisissent 2 780 000 francs CFA en faux billets de 10 000 francs.
Ils récupèrent également quatre cartes SIM, dont trois MTN Côte d’Ivoire et une Orange Côte d’Ivoire. Cinq téléphones utilisés pour les transferts sont aussi saisis.
Les enquêteurs découvrent en outre 38 élastiques utilisés pour maintenir les liasses.
Une Kia Optima blanche est également placée sous saisie. Le véhicule aurait été loué pour un mois dans un parc automobile et utilisé par les suspects.
Ces éléments pourraient aider les enquêteurs à déterminer si le groupe est lié à d’autres opérations du même type.
Une fraude basée sur un faux sentiment de sécurité
Le procédé présumé repose sur une étape déterminante : le premier contrôle des billets.
En présentant d’abord une liasse authentique, les suspects auraient permis à la gérante de vérifier elle-même l’argent. L’opération était ensuite interrompue avant la présentation d’une seconde liasse.
Le changement pouvait alors passer inaperçu. La somme restait identique, tout comme les personnes présentes. Seuls les billets auraient changé.
Cette méthode aurait ainsi permis de profiter de la confiance créée par le premier contrôle.
Le parquet demande la poursuite des investigations
L’interpellation des trois suspects ne met pas fin à la procédure.
Informé de l’affaire, le procureur de la République a ordonné la poursuite des investigations. Les enquêteurs doivent notamment déterminer l’ampleur des activités du groupe et vérifier si d’autres opérations similaires ont été commises.
Les trois mis en cause ont été déférés devant le parquet à l’issue de la procédure policière.
Les faux billets saisis restent placés sous main de justice dans le cadre de l’enquête.
L’affaire rappelle enfin une précaution importante pour les gérants de points de transfert : lorsqu’une liasse quitte leur contrôle, elle doit être vérifiée de nouveau avant toute validation de la transaction.