La Guinée-Bissau s’apprête à franchir une nouvelle étape politique. Les électeurs sont appelés aux urnes dimanche 30 août 2026 pour se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution.
Le référendum constitutionnel doit notamment permettre de remplacer l’actuel système semi-parlementaire par un régime présidentiel plus puissant. Le scrutin intervient avant les élections générales annoncées pour le 6 décembre, censées ouvrir la voie au retour d’un pouvoir civil.
La question soumise aux électeurs sera simple : approuvent-ils l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution adoptée par le Conseil national de transition ?
Un régime présidentiel au cœur du projet
Le texte proposé prévoit une importante évolution de l’organisation du pouvoir en Guinée-Bissau.
La nouvelle Constitution donnerait davantage de prérogatives au chef de l’État. Le président pourrait notamment nommer et démettre le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement.
Le projet prévoit également la possibilité pour le président de dissoudre le Parlement.
Cette réforme modifierait donc profondément l’équilibre actuel entre les différentes institutions du pays.
Le référendum constitutionnel contesté par l’opposition
L’opposition ne soutient pas le processus engagé par les autorités de transition. Plusieurs formations, dont le PAIGC, ont appelé leurs militants et leurs sympathisants à ne pas participer au scrutin.
Le parti dénonce notamment des restrictions visant les activités politiques. Il affirme que les partis ne peuvent pas mener normalement leurs activités et que certains sièges restent fermés.
Pour ses responsables, les conditions actuelles ne garantissent pas un débat démocratique suffisant autour du projet constitutionnel.
Des inquiétudes sur la concentration des pouvoirs
Le projet suscite également des critiques de la société civile.
Des défenseurs des droits humains craignent qu’un régime présidentiel renforcé ne concentre une grande partie du pouvoir entre les mains du chef de l’État.
Cette inquiétude intervient alors que la Guinée-Bissau traverse une période politique particulièrement sensible. Le pays est actuellement dirigé par des autorités de transition et prépare son retour à un régime civil.
Le référendum constitue donc un rendez-vous déterminant avant les élections générales de décembre.
Une tendance observée dans plusieurs pays africains
La Guinée-Bissau rejoint par ailleurs plusieurs pays africains ayant récemment engagé des réformes constitutionnelles.
Au Zimbabwe, en Guinée, au Togo, en Ouganda ou encore au Tchad, des modifications constitutionnelles ont fait l’objet de débats concernant l’organisation du pouvoir, les mandats présidentiels ou les prérogatives de l’exécutif.
À Bissau, le vote du 30 août permettra de mesurer le soutien populaire au nouveau système proposé.
L’issue de ce référendum constitutionnel pourrait ainsi déterminer le fonctionnement des institutions bissau-guinéennes pour les prochaines années.