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Côte d’Ivoire : les commerçants demandent un sursis avant les sanctions sur les factures électroniques

Côte d’Ivoire : les commerçants demandent un sursis avant les sanctions sur les factures électroniques

Facture électronique en Côte d’Ivoire : Soumahoro Farikou et la FENACCI demandent le report des contrôles

À la veille d’une nouvelle étape de la réforme fiscale, l’inquiétude monte dans les commerces ivoiriens. À partir du 1er septembre 2026, la Direction générale des Impôts (DGI) doit renforcer les contrôles liés à la Facture Normalisée Électronique (FNE) et au Reçu Numérique Électronique (RNE).

Pour une partie des commerçants, cette échéance arrive trop tôt. Derrière les plateformes numériques et les nouvelles obligations fiscales, ce sont des boutiques, des petits commerces et des entrepreneurs encore peu familiarisés avec ces outils qui redoutent désormais des sanctions.

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La Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (FENACCI) demande donc au gouvernement de suspendre le calendrier des contrôles et d’ouvrir rapidement des discussions avec les organisations professionnelles.

La FENACCI monte au créneau

Le député-maire d’Adjamé et président de la FENACCI, Soumahoro Farikou, a officiellement porté cette demande au nom des commerçants.

Dans un communiqué, l’organisation réclame le report des contrôles de la Facture Normalisée Électronique et du Reçu Numérique Électronique, dont l’application doit entrer dans une nouvelle phase à compter du 1er septembre.

Pour la fédération, il ne s’agit pas de remettre en cause la modernisation du système fiscal. Les commerçants souhaitent plutôt disposer d’un délai supplémentaire pour se mettre en conformité avec les nouvelles procédures.

« Les acteurs du commerce ont accompagné les mesures prises par le gouvernement », rappelle Soumahoro Farikou.

La FENACCI souhaite également une audience de crise avec les autorités, afin de trouver une solution avant l’entrée en vigueur des contrôles.

Des commerçants encore peu préparés aux outils numériques

Sur le terrain, la principale difficulté évoquée par la FENACCI concerne la maîtrise des nouveaux outils.

Pour certains commerçants, utiliser une plateforme de télétransmission, générer une facture électronique ou délivrer un reçu numérique représente encore une opération loin d’être automatique. Dans les petites boutiques, où l’activité repose souvent sur quelques personnes, la transition vers des procédures entièrement numériques peut devenir un véritable défi.

La fédération estime ainsi que les efforts de formation doivent être renforcés avant toute généralisation des sanctions.

Elle plaide notamment pour une campagne nationale d’accompagnement et d’alphabétisation numérique, afin de permettre aux contribuables concernés de comprendre les nouvelles obligations et de les appliquer correctement.

L’enjeu est aussi d’éviter qu’une difficulté technique ou une mauvaise manipulation ne se transforme en pénalité pour un commerçant qui cherche simplement à respecter les règles.

La réforme fiscale face aux réalités du terrain

La contestation intervient dans un contexte économique que les organisations de commerçants jugent toujours fragile.

Inflation, hausse des coûts de transport et difficultés d’approvisionnement ont pesé sur l’activité commerciale ces dernières années. La FENACCI estime que ces contraintes doivent être prises en compte dans le rythme de mise en œuvre de la transformation numérique du système fiscal.

Pour les commerçants, le problème n’est donc pas uniquement informatique. Il touche directement leur quotidien et leur capacité à absorber de nouvelles contraintes administratives.

Une petite entreprise qui doit investir dans du matériel, apprendre un nouveau logiciel et modifier ses habitudes de travail peut avoir besoin de temps pour effectuer cette transition.

Les engagements du gouvernement remis sur la table

Pour défendre sa position, la FENACCI rappelle les engagements pris lors du lancement du dispositif.

Le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait notamment insisté, le 11 juillet 2025, sur la nécessité d’accompagner les entreprises dans cette transformation.

La fédération affirme avoir adressé deux demandes d’audience à la Primature, les 23 janvier et 19 février 2026, afin d’échanger sur les conditions de mise en œuvre de la réforme.

Selon l’organisation professionnelle, ces demandes n’auraient pas encore reçu de réponse officielle.

C’est précisément ce point qui nourrit aujourd’hui la tension entre les représentants des commerçants et l’administration.

Entre modernisation fiscale et besoin d’accompagnement

La généralisation de la facture électronique constitue une étape importante dans la modernisation du système fiscal ivoirien. Elle vise notamment à renforcer la traçabilité des transactions et à améliorer le suivi des opérations commerciales.

Mais pour les professionnels du commerce, la réussite de cette transformation dépend aussi de la capacité des utilisateurs à maîtriser les outils.

À quelques heures du début annoncé des contrôles, la FENACCI demande donc aux autorités de privilégier le dialogue et l’accompagnement plutôt qu’une application immédiate des sanctions.

Le bras de fer pourrait ainsi se jouer moins sur le principe de la réforme que sur son calendrier. D’un côté, l’administration veut poursuivre la digitalisation du système fiscal. De l’autre, les commerçants réclament le temps nécessaire pour s’adapter.

À l’approche du 1er septembre 2026, une question reste au cœur des préoccupations du secteur : comment moderniser rapidement la fiscalité sans laisser une partie des petits commerçants au bord du chemin ?

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