La crise au sein de la communauté villageoise de Djorogobité 2, à Cocody, prend une nouvelle tournure. Réunis vendredi 28 août 2026, les représentants des différentes composantes du village ont demandé le départ de Minkan Assi Joseph, actuel chef du village.
Le collectif des sages, la mutuelle de développement ainsi que les représentants des jeunes et des femmes ont exposé leurs griefs lors d’une déclaration à la presse.
Le conflit foncier au cœur de la crise
La contestation intervient dans un contexte de litige foncier impliquant notamment Traoré Assétou et Komé Bakary.
Selon le porte-parole des populations, cette affaire aurait également mis en cause la gestion de la chefferie. Les villageois reprochent notamment à Minkan Assi Joseph des irrégularités présumées dans la délivrance de documents liés à l’attribution de terrains.
Ils évoquent notamment l’existence alléguée de plusieurs attestations d’attribution concernant certaines parcelles.
Le collectif fait également état de modifications présumées dans des documents conservés dans les archives du village. Il affirme que plusieurs pages auraient été retirées puis remplacées dans des guides villageois.
Ces accusations interviennent alors qu’une procédure judiciaire concerne par ailleurs la chefferie de Djorogobité 2.
Plusieurs griefs contre le chef du village
Au-delà du dossier foncier, les représentants de la communauté mettent en avant plusieurs autres motifs pour justifier leur demande.
Ils contestent notamment la durée du mandat de Minkan Assi Joseph. Selon eux, son mandat de dix ans serait arrivé à échéance en janvier 2026.
Le collectif dénonce également la fermeture des locaux de la chefferie pendant environ dix-huit mois. Il estime que cette décision aurait été prise sans consultation suffisante de la communauté.
D’autres reproches concernent l’assistance aux propriétaires terriens, la gestion de certaines affaires du village ainsi que l’utilisation de ressources versées à la chefferie.
Les représentants de la communauté évoquent aussi la suspension de la signature du chef auprès de certaines administrations.
Ils critiquent enfin une gestion qu’ils jugent trop centralisée. Selon eux, plusieurs décisions importantes auraient été prises sans concertation avec les sages, les détenteurs de la coutume, les chefs de famille et les différentes composantes de la communauté.
Les populations réclament le retrait de sa nomination
Face à ces griefs, les représentants réunis vendredi ont formulé une demande claire : le retrait de l’arrêté portant nomination de Minkan Assi Joseph comme chef du village.
Le collectif des sages, la mutuelle de développement, les représentants des jeunes et les associations de femmes disent agir conformément aux us et coutumes de Djorogobité 2.
Ils souhaitent ainsi mettre fin à la situation actuelle et ouvrir la voie à la désignation d’un nouveau chef.
Une gestion provisoire envisagée
En attendant la suite de la procédure, les représentants de la communauté ont évoqué une solution transitoire.
La gestion des affaires courantes du village pourrait être confiée au chef de terre de Djorogobité 2. Cette disposition resterait en vigueur jusqu’à la désignation d’un nouveau chef, selon les règles coutumières et les procédures applicables.
Pour l’heure, les accusations formulées contre Minkan Assi Joseph restent celles avancées par le collectif des populations. Leur déclaration intervient alors que le litige foncier et les tensions autour de la chefferie continuent de susciter des réactions à Djorogobité 2.