Le drame survenu à l’Hôpital général de Sikensi continue d’alimenter les débats. Quelques jours après les faits, le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a envoyé une délégation dans la localité afin de recueillir les premiers témoignages et d’éclaircir les circonstances du décès.
Conduite par l’Inspecteur général de la Santé, cette mission comprenait également le Directeur régional de la Santé et des représentants des autorités locales. Les membres de la délégation ont rencontré les équipes médicales, les responsables de l’établissement, la famille de la victime ainsi que les représentants de sa communauté.
À l’issue de cette première phase, les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête administrative. Si des manquements sont établis, les personnes mises en cause s’exposeront à des sanctions disciplinaires.
Une urgence obstétricale qui tourne au drame
Selon plusieurs sources locales, Mariam Diallo s’est présentée à l’Hôpital général de Sikensi dans l’après-midi du samedi 1er août 2026 pour accoucher. Les premiers examens laissaient penser que l’accouchement pourrait se dérouler sans intervention chirurgicale.
Toutefois, son état s’est ensuite dégradé. Les soignants auraient alors estimé qu’une césarienne devenait nécessaire pour préserver la vie de la mère et de son enfant.
D’après les informations rapportées localement, cette intervention n’a pas pu être réalisée sur place. L’équipe médicale a donc décidé de transférer la patiente vers l’hôpital Jean-Baptiste de Bôdô.
La femme de 39 ans est malheureusement décédée avant son arrivée dans cet établissement.

Une maternité récente au cœur des interrogations
Ce drame suscite de nombreuses interrogations, d’autant plus que l’Hôpital général de Sikensi dispose depuis 2023 d’une maternité moderne. Les autorités avaient présenté cette infrastructure comme un outil destiné à renforcer la qualité des soins maternels et à réduire les risques liés à l’accouchement.
Aujourd’hui, plusieurs habitants s’interrogent sur l’organisation des urgences obstétricales. Certains témoignages évoquent notamment l’absence du personnel médical indispensable au moment où la situation s’est compliquée. Ces affirmations devront toutefois être confirmées ou infirmées par l’enquête en cours.

La famille dénonce des dysfonctionnements
Au cours de leur visite, les enquêteurs ont également échangé avec les proches de Mariam Diallo.
La famille estime que la prise en charge n’a pas répondu à l’urgence de la situation. Elle appelle désormais les autorités à tirer toutes les conséquences de cette affaire afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Les représentants de la communauté ont, eux aussi, demandé un renforcement durable des services de santé dans le département de Sikensi.
Le ministère annonce des mesures
En attendant les conclusions de l’enquête, le ministère de la Santé a décidé de rembourser les dépenses engagées par la famille de la victime. Cette prise en charge concerne aussi bien les frais médicaux que ceux liés à la conservation du corps.
Les autorités assurent vouloir faire toute la lumière sur cette affaire. Elles promettent de prendre les mesures nécessaires si l’enquête met en évidence des fautes ou des négligences.
Au-delà des responsabilités individuelles, ce drame relance le débat sur la permanence des soins dans les structures sanitaires publiques. Il rappelle aussi l’importance d’une prise en charge rapide des urgences obstétricales, particulièrement dans les localités éloignées des grands centres hospitaliers.