Le régulateur des médias du Burkina Faso durcit le ton contre Canal+ Burkina Faso. Il reproche à l’opérateur de ne pas avoir respecté ses engagements concernant la diffusion des chaînes publiques et lui inflige une nouvelle amende de 200 millions de FCFA.
L’Autorité de régulation des médias du Burkina Faso a prononcé une nouvelle sanction contre Canal+ Burkina Faso. L’opérateur devra verser 200 millions de francs CFA, une pénalité bien plus lourde que celle décidée en juin dernier.
À cette période, le régulateur avait déjà infligé une amende de 50 millions de francs CFA. Il avait également accordé un délai de trente jours à l’entreprise pour se conformer à ses obligations. Selon l’autorité, Canal+ n’a pas donné suite à cette demande.
Un différend autour des chaînes publiques
Le litige porte sur la diffusion des chaînes de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB).
En 2024, Canal+ International a signé un accord avec le régulateur burkinabè. Ce texte prévoit le maintien de l’accès aux chaînes publiques sur les décodeurs de l’opérateur, même lorsque les abonnements aux offres payantes arrivent à expiration.
Pour le régulateur, cette disposition garantit la continuité du service public audiovisuel. Il estime toutefois que Canal+ n’a pas respecté cet engagement.
Une sanction financière alourdie
Face à ce qu’il considère comme un nouveau manquement, le régulateur a choisi de renforcer sa réponse. Il a donc porté le montant de l’amende à 200 millions de francs CFA, soit quatre fois la sanction prononcée un mois plus tôt.
Cette décision traduit la volonté des autorités de faire appliquer les accords conclus avec les opérateurs présents sur le marché audiovisuel.
Les autorités veulent préserver l’accès à la RTB
Les autorités burkinabè souhaitent que les abonnés de Canal+ continuent de recevoir les programmes de la RTB, même après la fin de leur abonnement aux bouquets payants.
Selon elles, cette mesure permet aux populations de conserver un accès permanent aux informations et aux programmes diffusés par la télévision publique.
Canal+ n’a pas encore réagi
À ce stade, Canal+ n’a pas publié de réaction officielle à cette nouvelle sanction.
Cette affaire illustre les relations parfois tendues entre les autorités burkinabè et certains opérateurs internationaux depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. Elle montre aussi la volonté du régulateur de faire respecter les engagements contractuels liés à la diffusion des médias audiovisuels.