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Ma femme rechute sans cesse : dois-je partir

Ma femme rechute sans cesse : dois-je partir

Femme toxicomane rechute
Femme toxicomane rechute

« J’ai cru pouvoir la sauver… Aujourd’hui, je ne sais plus si je dois partir ou rester »

J’ai longtemps hésité avant de vous écrire. Pourtant, après avoir lu l’histoire que vous avez publiée sur cet ancien délinquant et les nombreux commentaires affirmant que les gens peuvent changer, quelque chose s’est brisé en moi.

Parce que moi aussi, j’ai cru au changement. J’y ai cru de toutes mes forces. Aujourd’hui, je ne sais plus si j’avais raison… ou si je me suis simplement accroché à un espoir qui n’existait pas.

Une rencontre remplie d’espoir

Quand j’ai rencontré celle qui est devenue ma femme, elle venait tout juste de sortir d’un centre de désintoxication.

Elle m’avait raconté son passé, ses combats contre la drogue, ses erreurs et ses regrets. Mais ce qui m’avait le plus touché, c’était son immense envie de recommencer une nouvelle vie.

Dans son regard, je voyais une femme qui voulait réellement se relever. Alors je lui ai tendu la main.

La première rechute

Quelques mois plus tard, une simple dispute a suffi pour faire voler cet équilibre en éclats.

Au téléphone, je ne reconnaissais plus sa voix. Elle riait sans raison, enchaînait des phrases incohérentes et répondait avec une ironie qui ne lui ressemblait pas.

Mon cœur refusait d’y croire, mais la réalité s’est imposée : elle avait replongé dans la drogue.

Au lieu de partir, j’ai décidé de rester.

J’ai financé une nouvelle cure de désintoxication alors que nous n’étions même pas encore mariés. À sa sortie, elle pleurait. Elle m’a juré que cette rechute serait la dernière.

Je l’ai crue.

Une nouvelle fois.

Le mariage et l’illusion d’un nouveau départ

Quelques mois plus tard, nous nous sommes mariés.

Pendant un temps, j’ai réellement pensé que le cauchemar appartenait au passé.

Puis notre magnifique bébé est arrivé. Enfin, je croyais vivre cette vie de famille dont nous avions tant rêvé.

Le soir où tout a basculé

Un soir, en rentrant du travail, j’ai ouvert la porte de notre maison.

La scène qui m’attendait m’a glacé le sang.

Ma femme était complètement nue, notre bébé de quatre mois dans les bras, en train de l’allaiter.

Elle parlait sans aucun sens, mélangeait les mots, riait toute seule, puis m’a demandé de venir « bloquer le bord » ou de venir « tchombé », comme on dit chez nous au Cameroun.

À cet instant, je n’avais plus besoin d’explication.

Elle avait encore consommé.

Lorsqu’elle est redevenue lucide, elle s’est effondrée en larmes. Elle m’a expliqué que le stress de la maternité l’avait dépassée et qu’elle ne contrôlait plus ses émotions.

Encore une fois, j’ai choisi de la soutenir.

Les rechutes à répétition

Malheureusement, les rechutes sont devenues une habitude.

Le moment le plus douloureux reste celui où nous avons dû éloigner notre bébé de la maison pour le protéger pendant qu’elle repartait, une fois de plus, en centre de désintoxication.

À partir de là, j’ai élevé notre enfant presque seul.

Il fallait préparer les biberons, veiller pendant les nuits sans sommeil, assurer les rendez-vous médicaux et assumer toutes les responsabilités d’un jeune père.

À chaque retour du centre, je retrouvais les mêmes larmes, les mêmes regrets et les mêmes promesses.

« Cette fois, c’est fini… »

Et, malgré tout, je continuais d’y croire.

Jusqu’à la rechute suivante.

Aujourd’hui, je suis perdu

À présent, je suis arrivé à un point où je ne sais plus quoi faire.

Deux peurs se livrent une bataille permanente dans mon cœur.

La première est celle de divorcer. Au fond de moi, je redoute qu’en la quittant, elle sombre définitivement, fasse une overdose ou perde la vie. J’ai peur de porter cette culpabilité jusqu’à mon dernier souffle.

La seconde est celle de rester.

Chaque jour, je constate que la femme que j’aime n’est plus capable d’offrir à notre enfant la stabilité dont il a besoin.

Je suis épuisé.

L’espoir s’effrite un peu plus après chaque rechute. Reconstruire sans cesse devient de plus en plus difficile. La peur est devenue une compagne permanente.

Je l’aime encore.

Pourtant, je commence à comprendre qu’aimer quelqu’un ne suffit pas toujours à le sauver.

La question qui me hante

Aujourd’hui, je vous écris avec le cœur lourd.

Je ne cherche ni à être jugé ni à être plaint.

J’ai simplement besoin d’une réponse à cette question qui me poursuit depuis des mois :

Faut-il continuer à se battre pour quelqu’un qui rechute sans cesse, ou accepter, malgré tout l’amour qu’on lui porte, qu’on ne peut pas sauver une personne qui ne parvient pas à se sauver elle-même ?ne parvient pas à se sauver elle-même ?

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