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Orpaillage en Côte d’Ivoire : le GRAMCI rejette le moratoire et défend la petite mine légale

Orpaillage en Côte d’Ivoire : le GRAMCI rejette le moratoire et défend la petite mine légale

Orpaillage en Côte d’Ivoire : lutte contre l’orpaillage clandestin et formalisation de la petite mine

Abidjan, 31 août 2026 – Le débat sur l’orpaillage en Côte d’Ivoire prend une nouvelle tournure. Le Groupement des Artisans Miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) vient de préciser sa position.

Dans une déclaration publiée ce lundi 31 août, l’organisation salue la fermeté de l’État contre l’orpaillage clandestin. Elle demande aussi au Gouvernement d’accélérer la formalisation de la petite mine.

Le GRAMCI rejette toutefois l’idée d’un moratoire général. Selon l’organisation, une suspension des activités ne suffirait pas à régler durablement le problème.

Le GRAMCI fait la différence entre légal et clandestin

Pour le Groupement, il faut distinguer deux réalités.

L’orpaillage clandestin échappe aux règles du Code minier. Il favorise les circuits informels et fragilise les territoires ruraux. Il menace aussi les terres agricoles et les ressources en eau.

Cette activité pose également un problème de sécurité. Elle prive l’État et les communautés de revenus importants.

L’exploitation artisanale légale fonctionne différemment. Les autorités peuvent identifier les opérateurs. Elles peuvent aussi suivre la production et contrôler les conditions d’exploitation.

Les opérateurs doivent enfin prévoir la réhabilitation des terres après leur activité.

« Le GRAMCI est contre l’orpaillage clandestin », affirme Eugène Malan, premier vice-président du Groupement.

L’organisation refuse toutefois d’assimiler l’exploitation légale à l’orpaillage clandestin.

Plus de 8 500 sites illégaux démantelés

Le GRAMCI s’appuie notamment sur le bilan présenté lors du Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026.

Selon les chiffres cités par le Groupement, les forces engagées dans la lutte ont déguerpi plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal entre 2021 et le premier semestre 2026.

Les opérations ont également conduit au déferrement de 4 474 personnes.

Les autorités ont par ailleurs saisi plus de 960 millions de FCFA et environ 136 kilogrammes d’or.

Pour le GRAMCI, ces résultats montrent la détermination des pouvoirs publics. Ils illustrent aussi l’ampleur du phénomène.

L’État renforce son dispositif contre l’orpaillage clandestin

La lutte contre l’orpaillage illégal s’est intensifiée ces dernières années.

En 2021, le Gouvernement a créé le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI). La Brigade de Répression des Infractions au Code minier (BRICM) participe également aux opérations.

Les autorités ont aussi renforcé les moyens de surveillance.

En juillet 2025, le ministère des Mines a remis 30 drones de dernière génération aux directions régionales et départementales des Mines et de la Géologie.

Le Gouvernement mise également sur la sensibilisation des populations.

Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a lancé cette campagne le 8 décembre 2023 auprès de la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels (CNRCT).

Depuis, quatre éditions ont eu lieu.

La première s’est déroulée dans le District autonome des Savanes en juillet 2024. Elle a notamment concerné Kong, Boundiali et Korhogo.

La deuxième a concerné le District autonome des Lacs et le Moronou en juillet 2025.

La troisième s’est tenue dans le District autonome des Lagunes, à Agboville et Adzopé, en septembre 2025.

La quatrième édition a eu lieu à Séguéla le 25 juin 2026. Elle a concerné les régions du Bafing, du Béré et du Worodougou.

La formalisation, autre bataille du secteur

Pour le GRAMCI, la répression ne constitue qu’une partie de la réponse.

L’organisation veut surtout accélérer la formalisation de la petite mine. Elle estime que cette démarche peut offrir une alternative aux populations qui vivent de l’exploitation de l’or.

Cette orientation bénéficie déjà d’un soutien international.

Le 11 juillet 2025, la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale et le Conseil mondial de l’or ont conclu un partenariat. Ils souhaitent favoriser une exploitation minière artisanale et à petite échelle plus responsable.

Le GRAMCI affirme également que la formalisation progresse sur le terrain.

Selon ses données, les autorités ont délivré plus de 800 autorisations d’exploitation artisanale et semi-industrielle au cours des trois dernières années.

Le Groupement estime que ce chiffre dépasse celui enregistré durant toute la décennie précédente.

Près d’un demi-million de personnes concernées

Derrière les chiffres, le GRAMCI rappelle une réalité sociale.

L’exploitation minière artisanale et à petite échelle fait vivre de nombreuses familles dans les zones rurales. Selon l’organisation, le secteur concerne directement ou indirectement près de 500 000 personnes.

La formalisation pourrait donc sécuriser une partie de ces revenus.

Le Code minier réserve cette activité aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens. Elle peut ainsi contribuer à maintenir une partie de la richesse dans les territoires producteurs.

La création de coopératives constitue aussi un enjeu important.

Ces structures peuvent faciliter l’accès aux autorisations et au financement. Elles peuvent également améliorer la formation des exploitants.

Elles doivent enfin renforcer la sécurité des travailleurs et la traçabilité de l’or.

L’environnement au cœur des préoccupations

L’exploitation minière soulève aussi une question environnementale majeure.

Le GRAMCI rappelle que les opérateurs légaux doivent respecter plusieurs règles.

Ils ne doivent pas exploiter les forêts classées, les cours d’eau ou les zones sacrées. Ils doivent aussi respecter les exigences liées aux études d’impact environnemental et social.

Le Groupement cite l’exemple d’Eburnie Gold Fields, une mine semi-industrielle située à Koun-Fao.

Selon les chiffres communiqués par le GRAMCI, l’entreprise emploie 20 salariés permanents et plus de 80 journaliers.

Depuis 2022, elle aurait versé environ 300 millions de FCFA en taxes et impôts. Elle aurait également payé près de 200 millions de FCFA au titre de la taxe ad valorem.

L’entreprise aurait consacré environ 375 millions de FCFA aux projets communautaires. Elle aurait aussi investi près de 180 millions de FCFA dans la réhabilitation progressive du site.

Pour le GRAMCI, cet exemple montre les retombées possibles d’une exploitation mieux encadrée.

Pourquoi le GRAMCI refuse le moratoire

Le débat sur un éventuel moratoire ne laisse pas le Groupement indifférent.

Le GRAMCI évoque notamment l’expérience de la région de la Mé.

En avril 2024, des entreprises minières y avaient suspendu leurs activités. Selon le Groupement, cette décision n’a pourtant pas stoppé l’orpaillage clandestin.

L’organisation affirme même que le phénomène a continué à progresser.

Pour le GRAMCI, cette expérience montre les limites d’une suspension générale. Une telle mesure pourrait fragiliser les opérateurs qui respectent les règles sans atteindre les réseaux clandestins.

Le Groupement préfère donc une autre approche. Il mise sur la responsabilité, le dialogue et l’application stricte de la réglementation.

Le GRAMCI et la SODEMI veulent accompagner les petits exploitants

La professionnalisation passe aussi par un meilleur accompagnement technique.

Le GRAMCI indique avoir conclu un partenariat avec la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI).

Ce partenariat vise une centaine de petits permis. Il doit les aider à rechercher et à évaluer leurs ressources géologiques.

Une meilleure connaissance des gisements peut faciliter les investissements. Elle peut aussi améliorer la planification des activités et l’accès au financement.

Deux axes pour sortir du cycle clandestin

Le GRAMCI défend désormais une stratégie à deux niveaux.

Le premier axe concerne la répression. Le Groupement réclame une action ferme et continue contre les sites clandestins. Il demande aussi de cibler les réseaux qui financent ces activités.

Le second axe concerne la formalisation. Le GRAMCI veut accélérer l’accès aux autorisations et accompagner les petits exploitants vers une activité légale.

L’objectif est simple : éviter qu’un site clandestin fermé ne laisse une population sans source de revenus.

Sans alternative économique, certains travailleurs pourraient en effet rejoindre d’autres sites illégaux.

Pour Eugène Malan, la solution passe donc par un équilibre entre fermeté et accompagnement.

« Le GRAMCI dit non à l’orpaillage clandestin. Le GRAMCI dit oui à une petite mine légale, responsable et créatrice de valeur », a-t-il insisté.

Le Groupement se dit enfin prêt à accompagner le Gouvernement dans la formalisation et la professionnalisation du secteur.

Le débat sur l’orpaillage en Côte d’Ivoire reste donc ouvert. Pour le GRAMCI, la fermeture des sites clandestins doit aller de pair avec la création d’activités minières légales.

L’enjeu dépasse ainsi la seule question de l’or. Il concerne aussi l’emploi rural, les revenus des communautés, la protection de l’environnement et la capacité de l’État à mieux contrôler ses ressources minières.

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