Le chanteur malien Salif Keïta a décidé d’annuler ses spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud. L’artiste de 76 ans justifie cette décision par les violences xénophobes qui touchent plusieurs communautés africaines dans le pays.
Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le musicien explique ne pas pouvoir rester indifférent face à la situation. Il dit vouloir dénoncer la haine visant ses « frères et sœurs africains ».
Salif Keïta prend position contre les violences
Pour l’artiste, cette décision n’a pas été facile. Il affirme avoir été profondément marqué par les informations faisant état d’attaques contre des migrants.
Salif Keïta précise toutefois que son choix ne constitue pas un rejet du peuple sud-africain. Il rappelle les liens qui l’unissent au pays depuis plusieurs années.
L’Afrique du Sud l’a, selon lui, toujours accueilli avec respect. Son geste vise donc les actes de haine et non les populations locales.
« Fermer la porte sur la haine »
Le chanteur malien veut donner une portée symbolique à l’annulation de ses concerts.
Son objectif consiste à dénoncer les violences sans rompre les liens avec le public sud-africain. Il considère notamment que les attaques contre les migrants ne correspondent pas aux valeurs associées à l’Afrique du Sud de Nelson Mandela.
Pour Salif Keïta, les personnes visées par ces violences sont avant tout des hommes et des femmes à la recherche d’un emploi, de sécurité et de meilleures conditions de vie.
Une nouvelle polémique autour des artistes africains
La décision de Salif Keïta en Afrique du Sud intervient dans un contexte de tensions régionales.
Fin juillet, la chanteuse sud-africaine Tyla avait également retiré de sa tournée un concert prévu au Nigeria. Cette décision intervenait alors que les relations entre Abuja et Pretoria étaient marquées par des tensions liées aux violences xénophobes.
Ces prises de position montrent les répercussions que les violences anti-migrants peuvent avoir au-delà du terrain politique.
La xénophobie inquiète en Afrique du Sud
L’Afrique du Sud accueille depuis plusieurs années de nombreux ressortissants d’autres pays africains. Beaucoup y viennent à la recherche d’opportunités professionnelles.
Mais le chômage élevé alimente régulièrement les tensions entre certaines populations locales et les migrants. Le pays a ainsi connu plusieurs épisodes de violences xénophobes au fil des années.
Cette situation provoque également des départs. Selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres communiqués par plusieurs gouvernements africains, plus de 160 000 personnes avaient quitté l’Afrique du Sud depuis la fin du mois de mai.
À travers l’annulation de ses concerts, Salif Keïta entend donc utiliser sa notoriété pour attirer l’attention sur cette situation.
Après plus de cinq décennies de carrière, l’artiste malien continue ainsi de prendre position sur les grandes questions qui touchent le continent africain.