Pendant plusieurs années, la dette publique a lourdement pesé sur les finances du Ghana. À mesure que les remboursements absorbaient une part croissante des recettes de l’État, les marges de manœuvre budgétaires se réduisaient, au détriment des infrastructures et des services essentiels.
Trois ans après avoir engagé un vaste programme de restructuration, le pays estime avoir franchi un cap important. Le 24 août 2026, le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, a annoncé que le service de la dette représente désormais moins de 20 % des recettes publiques, contre environ 50 % auparavant.
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L’annonce est intervenue à l’occasion de la signature d’un accord avec la Belgique portant sur la restructuration de 163 millions d’euros de dette à l’exportation.
Une pression financière qui s’allège
Le chiffre illustre l’ampleur du chemin parcouru. Selon les autorités ghanéennes, la dette absorbait auparavant près de la moitié des recettes de l’État. Une situation qui limitait fortement les ressources disponibles pour répondre aux besoins quotidiens de la population.
« Aujourd’hui, nous dépensons moins de 20 % de notre revenu total pour servir la dette », a déclaré Cassiel Ato Forson. Pour le ministre, cette évolution permet désormais au gouvernement de consacrer davantage de moyens aux infrastructures publiques et aux services sociaux.
Derrière les indicateurs financiers se trouve une réalité beaucoup plus concrète : davantage de capacité budgétaire pour les routes, les écoles, les établissements de santé et les autres équipements publics.
Le tournant de décembre 2022
Pour comprendre cette évolution, il faut revenir au 19 décembre 2022. Confronté à une dette devenue difficile à supporter, le Ghana avait annoncé la suspension du paiement de certaines obligations extérieures afin d’engager des discussions avec ses créanciers.
Cette décision avait ouvert une période particulièrement délicate pour le pays. Le gouvernement devait réorganiser une dette intérieure et extérieure importante tout en tentant de préserver les dépenses nécessaires au fonctionnement de l’État.
La restructuration s’est ensuite étendue aux créanciers bilatéraux. Le Ghana a notamment travaillé avec le Club de Paris, avec le soutien de la Chine, pour revoir les conditions d’environ 5,4 milliards de dollars de dette bilatérale.
En parallèle, Accra a mené une vaste opération sur sa dette intérieure, dont le programme de restructuration a enregistré un taux de participation ou de réussite annoncé à 85 %.
De la dette intérieure aux créanciers extérieurs
Cette stratégie par étapes visait un objectif simple : réduire la pression exercée par les remboursements sur le budget national.
La dette, qui avait atteint un niveau équivalant à environ 85 % du PIB, avait progressivement réduit l’espace disponible pour financer les priorités publiques. La restructuration devait donc permettre au gouvernement de retrouver une capacité d’action plus importante.
L’accord conclu avec la Belgique constitue une nouvelle étape de ce processus. Avec la restructuration de 163 millions d’euros supplémentaires, les autorités ghanéennes cherchent à achever progressivement le traitement de leurs engagements envers les créanciers extérieurs.
Restaurer la confiance après la crise
Pour Accra, l’enjeu dépasse désormais la seule réduction des remboursements. Il s’agit aussi de convaincre les investisseurs et les partenaires financiers que le Ghana peut éviter de reproduire les déséquilibres qui ont conduit à la crise de la dette.
Cassiel Ato Forson a ainsi présenté l’accord avec la Belgique comme une avancée vers la restauration de la confiance et la construction d’un environnement économique plus stable.
Le ministre a également assuré que le gouvernement mettait en œuvre des mesures destinées à empêcher un retour à une situation jugée insoutenable.
Une marge de manœuvre retrouvée, mais un défi qui demeure
Le passage de 50 % à moins de 20 % des recettes consacrées au service de la dette marque un changement significatif dans la gestion des finances publiques ghanéennes. Cette évolution ne signifie toutefois pas que les difficultés économiques ont disparu.
Le véritable défi commence désormais : transformer cette marge budgétaire retrouvée en améliorations visibles pour la population, sans recréer les déséquilibres qui ont conduit à la crise.
Pour les Ghanéens, la réussite de la restructuration ne se mesurera donc pas uniquement dans les tableaux du ministère des Finances. Elle se jugera aussi sur le terrain, à travers la qualité des routes, l’accès aux soins, l’éducation et la capacité de l’État à investir durablement.
Après plusieurs années de tension financière, le Ghana veut désormais tourner la page de l’urgence. La baisse du poids du service de la dette offre au gouvernement un peu d’oxygène. Reste à convertir cet espace retrouvé en croissance, en investissements et en progrès social.