Le Conseil économique et social (CES) du Bénin ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Réunis à Cotonou, les responsables de l’institution ont officiellement lancé le processus d’élaboration du plan stratégique 2027-2031, un document appelé à guider son action au cours des cinq prochaines années.
Derrière cet exercice de planification se joue une ambition plus large : adapter le CES aux transformations institutionnelles du pays, rapprocher davantage l’institution des citoyens et faire de son avis un outil encore plus utile dans la conduite des politiques publiques.
Un CES appelé à évoluer avec les réalités du pays
Le lancement de ce processus intervient alors que le cadre juridique du Conseil économique et social connaît d’importantes évolutions. Les réformes engagées doivent permettre de redéfinir les missions de l’institution et de renforcer sa place dans le dialogue entre l’État, les acteurs économiques et la société.
Cette transformation ne se limite pas aux textes. Elle concerne également l’organisation du CES. La nouvelle architecture prévoit notamment un conseil national et des conseils départementaux, avec l’objectif de mieux prendre en compte les réalités propres aux différents territoires.
Pour une institution chargée de porter les préoccupations économiques et sociales auprès des pouvoirs publics, cette proximité constitue un enjeu central. Les réalités vécues à Cotonou ne sont pas toujours celles observées dans les départements. L’enjeu sera donc de faire remonter plus efficacement les préoccupations du terrain et de les intégrer au dialogue institutionnel.
Abdoulaye Bio Tchané défend une institution « forte, proactive et moderne »
À l’ouverture des travaux, le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, a insisté sur la nécessité de construire une institution capable d’accompagner les grands enjeux du pays.
« Pour le Bénin, disposer d’un CES fort, proactif et moderne est la garantie d’un dialogue économique et social efficace », a-t-il déclaré.
Le responsable a également rappelé que le futur plan stratégique ne devait pas être conçu comme un document isolé. Sa préparation devra s’inscrire dans les orientations nationales déjà définies par le Bénin, notamment autour de la vision Alafia 2060, présentée comme un cadre de projection à long terme pour le développement du pays.
Cette articulation doit permettre au CES de construire une feuille de route cohérente avec les ambitions nationales, tout en tenant compte de ses propres responsabilités et des attentes exprimées par les citoyens.
Quatre priorités pour les cinq prochaines années
Le futur plan stratégique 2027-2031 du CES du Bénin reposera sur quatre grandes orientations présentées par la nouvelle équipe dirigeante.
La première consiste à accroître l’utilité institutionnelle du CES. Il s’agit de renforcer la capacité de l’institution à produire des avis et des analyses susceptibles d’éclairer les décisions publiques.
La deuxième priorité concerne la proximité citoyenne. Avec la nouvelle organisation territoriale, le CES entend mieux écouter les populations et prendre davantage en compte les réalités locales.
Le troisième axe vise à dynamiser le dialogue institutionnel. Dans un pays confronté à des enjeux économiques et sociaux multiples, le CES souhaite renforcer son rôle d’espace d’échanges entre les différentes composantes de la société.
Enfin, le quatrième pilier porte sur le rayonnement international de l’institution. Le CES ambitionne ainsi de renforcer ses relations avec les institutions similaires à l’étranger et de mieux faire entendre la voix du Bénin dans les espaces de coopération économique et sociale.
Une feuille de route pour mieux utiliser les ressources
Pour Célestin Guidimey, rapporteur du Comité d’orientation, l’élaboration du plan stratégique représente une étape déterminante.
Le document devra notamment permettre d’anticiper les mutations, de hiérarchiser les priorités et d’optimiser les ressources disponibles. Autrement dit, il ne s’agira pas seulement de fixer des objectifs, mais de définir les moyens nécessaires pour les atteindre.
Cette dimension est essentielle pour une institution qui souhaite transformer ses ambitions en résultats concrets. Un plan stratégique efficace devra donc établir des priorités claires, définir des actions réalisables et permettre d’évaluer régulièrement les progrès accomplis.
Du document à l’action
Le lancement du processus marque ainsi le début d’un travail qui devra mobiliser les différentes composantes du CES. L’objectif est de faire du futur plan stratégique un véritable instrument de pilotage, plutôt qu’un simple document administratif.
À travers cette démarche, le Conseil économique et social cherche surtout à répondre à une question de fond : comment être davantage utile à l’État et plus proche des citoyens dans un Bénin en pleine transformation ?
Les cinq prochaines années permettront de mesurer la portée de cette nouvelle orientation. Entre modernisation institutionnelle, ancrage territorial, dialogue social et ouverture internationale, le CES veut désormais inscrire son action dans une dynamique plus proche du terrain et davantage tournée vers les résultats.