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Épidémie de choléra en RDC : l’OMS alerte!!!

Épidémie de choléra en RDC : l’OMS alerte!!!

Choléra en RDC : une flambée qui dépasse les foyers historiques

En République démocratique du Congo, le choléra ne reste plus cantonné à ses foyers habituels. Depuis le début de l’année 2025, la maladie gagne progressivement de nouveaux territoires et continue de mettre le système de santé sous pression.

Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika, le Haut-Katanga et le Haut-Lomami connaissent depuis longtemps une transmission régulière du choléra. Mais la flambée actuelle touche aussi des provinces qui faisaient jusqu’ici face à beaucoup moins de cas.

Entre les semaines 1 et 32 de 2026, les autorités sanitaires ont recensé 39 483 cas suspects et 1 173 décès, selon un rapport interne de situation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fondé sur les données de la surveillance sanitaire nationale et consulté par RFI.

La situation s’est améliorée par rapport à 2025. À la même période l’an dernier, les autorités avaient enregistré 46 661 cas suspects et 1 412 décès. Le nombre de cas a donc reculé de 15,38 % en un an.

Cette baisse reste toutefois insuffisante pour parler de maîtrise de l’épidémie. Le pays continue de dépasser le seuil de 1 000 cas suspects chaque semaine, alors que la saison des pluies approche.

Plus de 1 500 cas en une seule semaine

Du 3 au 9 août, les autorités sanitaires ont signalé 1 528 cas suspects et 29 décès dans 70 zones de santé réparties entre 16 des 26 provinces de la RDC.

La semaine précédente, elles avaient recensé 1 568 cas. Le nombre de décès a, lui, fortement diminué, passant de 59 à 29.

Aucune nouvelle zone de santé n’a enregistré de cas au cours de cette période. Malgré cette évolution encourageante, l’OMS constate une tendance globalement ascendante sur les quatre dernières semaines.

Le niveau actuel de transmission préoccupe particulièrement les experts à l’approche des pluies. Dans les régions où l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement reste limité, les précipitations peuvent favoriser la contamination des sources d’eau.

Le Sud-Kivu arrive en tête avec 421 cas suspects, devant le Nord-Kivu avec 382 cas. À eux deux, ces provinces représentent 52,55 % des notifications enregistrées durant la semaine du 3 au 9 août.

La maladie circule aussi dans l’ouest et le nord-ouest du pays. Le Kwango, le Maï-Ndombe, le Sud-Ubangi et la province de l’Équateur figurent parmi les territoires concernés.

La Tshopo et le Tanganyika montrent également des signes de reprise. Après huit semaines sans notification, la zone de santé d’Isangi a enregistré sept cas suspects et celle de Nyunzu un cas. Les autorités n’y ont signalé aucun décès.

Dans les nouvelles zones touchées, les patients meurent davantage

Le principal signal d’alerte concerne la mortalité.

Au cours des quatre dernières semaines, les provinces où le choléra circule depuis longtemps ont enregistré 3 442 cas suspects et 45 décès. Leur taux de létalité atteint 1,31 %.

Dans les provinces non endémiques, les autorités ont recensé 2 012 cas suspects et 162 décès sur la même période. Le taux de létalité atteint alors 8,05 %, soit plus de six fois celui des foyers historiques.

Les enfants et les adultes subissent cette forte mortalité. Dans les provinces non endémiques, le taux de létalité atteint 8,49 % chez les enfants de 1 à 59 mois, 7,81 % chez ceux de 5 à 14 ans et 8,26 % chez les personnes âgées de 15 ans et plus.

Pour l’OMS, ces chiffres révèlent des difficultés persistantes dans la détection rapide des malades, leur orientation vers les structures adaptées et leur prise en charge.

Dans les territoires peu habitués au choléra, les familles peuvent également reconnaître tardivement les symptômes. L’éloignement des centres de santé complique ensuite l’accès aux soins et réduit les chances de sauver les patients les plus gravement atteints.

Les centres de traitement manquent de moyens

Sur le terrain, les équipes médicales doivent composer avec des ressources limitées.

L’OMS signale des insuffisances financières dans plusieurs provinces. Le rapport fait également état de tensions sur les stocks de soluté de Ringer lactate, indispensable pour réhydrater les patients, ainsi que de ruptures de tests de diagnostic rapide.

Certaines unités de traitement ne disposent pas de suffisamment de lits pour accueillir les malades. D’autres rencontrent des difficultés pour organiser des circuits de soins adaptés.

À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, l’état du centre de traitement du choléra de Kenya complique notamment les conditions de prise en charge.

Dans les zones rurales, les problèmes commencent parfois bien avant l’arrivée à l’hôpital. Certains villages se trouvent à plusieurs heures des structures sanitaires. La faible couverture téléphonique ralentit aussi la transmission des alertes et la collecte des données.

Le transport des médicaments, des tests et du matériel médical pose une autre difficulté. Les équipes doivent parfois parcourir de longues distances pour atteindre les communautés isolées.

Face à ces obstacles, l’OMS demande aux autorités de rendre opérationnels les centres et unités de traitement dans les zones les plus touchées. Elle préconise aussi de renforcer les enquêtes épidémiologiques, d’acheminer rapidement les intrants médicaux et de poursuivre la chloration de l’eau.

Les opérations de désinfection des ménages et la sensibilisation des communautés restent également essentielles pour freiner la propagation.

Dans l’est, la guerre complique la lutte contre le choléra

À la crise sanitaire s’ajoute le poids du conflit qui frappe l’est de la RDC.

Dans son rapport annuel consacré à 2025, Médecins sans frontières (MSF) explique que les combats ont perturbé plusieurs campagnes de vaccination et compliqué l’acheminement des vaccins et du matériel médical.

La fermeture des aéroports de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, a notamment interrompu une voie essentielle pour transporter depuis Kinshasa les vaccins destinés aux populations de l’est.

Les déplacements de population aggravent également la situation. Des milliers de personnes vivent dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’eau potable et à l’assainissement.

Dans ces environnements, les déchets s’accumulent plus facilement et les systèmes d’approvisionnement en eau peinent à répondre aux besoins. Ces conditions favorisent la circulation du choléra.

En 2025, les équipes de MSF ont pris en charge 23 272 patients atteints du choléra et réalisé 29 136 vaccinations anticholériques. L’organisation est intervenue dans les foyers historiques de l’est, mais aussi dans l’Équateur, le Maï-Ndombe, le Maniema, la Tshopo et à Kinshasa.

En 2026, MSF poursuit notamment ses activités à Bukavu et Shabunda, dans le Sud-Kivu. À Goma, ses équipes ont également participé à la réponse à une flambée entre mai et le début du mois d’août.

L’organisation indique avoir déjà soigné plus de 2 410 patients atteints du choléra dans les structures qu’elle soutient cette année.

Rougeole, paludisme, mpox : plusieurs crises en même temps

Le choléra ne constitue qu’une partie des urgences sanitaires auxquelles la RDC doit répondre.

La rougeole continue de progresser. Selon les données officielles reprises par MSF, les autorités avaient signalé plus de 108 643 cas suspects et 1 394 décès entre janvier et le 19 juillet 2026.

Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu concentraient à eux seuls plus de 50 820 cas, soit près de la moitié du total national.

Le paludisme reste également la première cause de morbidité dans le pays. Les équipes médicales doivent parallèlement répondre aux besoins liés au mpox, à la fièvre typhoïde, aux blessures causées par les combats et aux violences sexuelles.

Cette accumulation d’urgences exerce une pression considérable sur les établissements de santé. Dans les zones de conflit, les déplacements éloignent les populations des structures médicales et interrompent régulièrement les campagnes de vaccination.

La peur d’Ebola peut aussi éloigner les patients des hôpitaux

Dans les provinces confrontées à Ebola, MSF redoute une autre conséquence : la peur du virus pourrait pousser certains patients à éviter les centres de santé.

Cette situation risque de retarder le diagnostic et le traitement d’autres maladies. Un malade atteint de paludisme, de choléra ou d’une autre infection peut ainsi attendre trop longtemps avant de consulter.

« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises », souligne le docteur Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de MSF à Goma.

Cette réalité résume le défi auquel la RDC fait face. Les familles n’ont pas à choisir entre le choléra, la rougeole, le paludisme, le mpox ou les conséquences du conflit. Toutes ces urgences frappent simultanément des communautés déjà fragilisées.

L’OMS appelle à renforcer la riposte

Pour éviter une aggravation de la situation, l’OMS recommande une réponse coordonnée contre le choléra, le mpox et la fièvre typhoïde dans les provinces concernées.

L’organisation demande également davantage de financements, une surveillance épidémiologique plus efficace et des structures de traitement capables d’accueillir rapidement les malades.

L’approvisionnement en médicaments, en tests et en équipements doit aussi rester une priorité.

MSF appelle de son côté les autorités, les bailleurs de fonds et les acteurs humanitaires à maintenir leurs investissements dans les différents programmes de santé.

L’organisation craint que la concentration des ressources sur Ebola, combinée à la baisse des financements humanitaires, ne fragilise encore davantage les soins de santé essentiels.

En RDC, chaque retard peut coûter une vie

Les chiffres montrent une baisse du nombre de cas par rapport à 2025. Mais cette amélioration ne suffit pas à rassurer.

Le pays compte encore plus de 1 000 cas suspects chaque semaine. La maladie continue de circuler dans 16 provinces et les nouveaux foyers affichent une létalité particulièrement élevée.

À l’approche de la saison des pluies, les autorités devront donc agir rapidement pour identifier les nouveaux cas, renforcer les capacités des centres de traitement et garantir l’accès à l’eau potable.

Derrière les statistiques, il y a des familles confrontées à des choix difficiles : trouver un moyen de transport pour rejoindre un centre de santé, obtenir les soins nécessaires et agir avant que la déshydratation ne devienne mortelle.

En RDC, la lutte contre le choléra se joue donc autant dans les hôpitaux que dans les villages. Elle passe par l’accès aux soins, mais aussi par l’eau potable, l’assainissement, la vaccination, l’information des communautés et la capacité à intervenir rapidement lorsqu’un nouveau foyer apparaît.

La baisse des cas constitue un signe encourageant. Mais tant que le virus continue de gagner de nouveaux territoires et que certains malades arrivent trop tard dans les structures sanitaires, le choléra en RDC reste une urgence de santé publique majeure.

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