Le premier congrès ordinaire du PPA-CI ne réunira pas tous les cadres historiques du mouvement. À l’approche de cette rencontre politique, la direction du parti a décidé d’écarter plusieurs responsables accusés d’avoir pris des positions contraires aux orientations officielles.
Dans une note interne rendue publique le 12 mai 2026 par Emmanuel Ackah, président de séance, les instances du parti expliquent que certains militants restent sous le coup de procédures disciplinaires. En conséquence, ils ne pourront pas accéder aux activités liées au congrès.
La liste communiquée comprend plusieurs dizaines de personnalités issues des structures locales et nationales du mouvement.
Les blessures politiques de 2025 restent ouvertes
Au sein du PPA-CI, les divisions apparues pendant les élections de 2025 continuent de produire leurs effets.
La crise avait commencé lorsque plusieurs cadres avaient affiché des positions différentes de celles défendues par la direction du parti. Certains avaient contesté des choix stratégiques majeurs. D’autres avaient préféré suivre leur propre trajectoire politique malgré les consignes internes.
Ces divergences ont progressivement installé un climat de méfiance entre la direction et une partie des responsables historiques du mouvement.
Aujourd’hui encore, cette fracture reste visible.
Une direction décidée à imposer la discipline
Le PPA-CI veut désormais afficher une image d’unité avant les prochaines batailles politiques. Pour y parvenir, la direction insiste sur le respect des décisions collectives prises lors des grandes réunions du parti.
Les responsables reprochent notamment à certains cadres d’avoir ignoré les consignes données pendant les élections législatives. À l’époque, le mouvement avait choisi de ne pas participer au scrutin.
Malgré cette ligne officielle, plusieurs personnalités avaient maintenu leurs candidatures ou apporté leur soutien à des initiatives jugées incompatibles avec la stratégie du parti.
Une opposition ivoirienne encore fragile
Cette nouvelle séquence montre aussi les difficultés de l’opposition ivoirienne à maintenir une cohésion durable.
Malgré son poids politique et la popularité de Laurent Gbagbo auprès d’une partie des militants, le PPA-CI peine encore à effacer les rivalités internes nées après la présidentielle et les législatives de 2025.
Le congrès devait symboliser une démonstration de force. Il pourrait finalement mettre en lumière les fragilités persistantes du mouvement.
Silence des personnalités concernées
Pour le moment, les responsables visés par ces mesures n’ont pas réagi publiquement. Leur silence alimente toutefois les spéculations sur de possibles fractures durables au sein du parti de Laurent Gbagbo.
Le congrès du PPA-CI pourrait ainsi devenir un moment décisif pour l’avenir du mouvement et pour l’équilibre des forces dans l’opposition ivoirienne.

