La Tanzanie vient de franchir une étape majeure dans sa quête d’indépendance énergétique. Le 22 août 2026, le pays a officiellement inauguré le barrage et la centrale hydroélectrique Julius Nyerere, construits sur le fleuve Rufiji. Avec une capacité de 2 115 mégawatts (MW) et un investissement annoncé de 2,9 milliards de dollars, l’ouvrage doit profondément modifier le paysage énergétique du pays.
Derrière les chiffres impressionnants se trouve une ambition très concrète : fournir davantage d’électricité aux ménages, sécuriser l’approvisionnement des entreprises et accompagner la transformation économique d’un pays dont les besoins énergétiques augmentent rapidement.
Un chantier devenu symbole de la transformation énergétique
Pendant des années, les coupures d’électricité ont constitué un frein pour de nombreuses activités économiques en Tanzanie. Pour les entreprises, les interruptions de fourniture pouvaient perturber la production, retarder les activités et alourdir les coûts.
L’entrée en service de Julius Nyerere doit précisément répondre à cette fragilité.
Érigée sur le Rufiji, l’installation apporte à elle seule 2 115 MW supplémentaires au réseau national. La capacité électrique installée de la Tanzanie atteint ainsi 4 646 MW, selon les données communiquées à l’occasion de l’inauguration.
Pour Dar es Salaam, l’enjeu dépasse donc largement la construction d’un barrage. Il s’agit de créer les conditions nécessaires à une croissance économique plus régulière, notamment pour l’industrie et les activités fortement dépendantes de l’électricité.
Un investissement de 2,9 milliards de dollars
La réalisation du complexe aura mobilisé 2,9 milliards de dollars et s’est étendue sur environ cinq ans.
L’ampleur de l’investissement illustre la priorité accordée par les autorités tanzaniennes au développement des infrastructures énergétiques. Dans un pays où la demande d’électricité accompagne l’urbanisation, l’industrialisation et la croissance démographique, l’augmentation de l’offre apparaît comme un enjeu stratégique.
Lors de l’inauguration, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a inscrit cette réalisation dans la dynamique de la « Mission 300 », initiative visant à améliorer l’accès à une électricité propre pour 300 millions d’Africains d’ici 2030.
« Ces réalisations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la “Mission 300”, dont l’objectif est de fournir de l’électricité propre à 300 millions d’Africains d’ici 2030 », a déclaré Samia Suluhu Hassan.
Le réservoir de Rufiji, un autre enjeu majeur
La centrale Julius Nyerere ne se limite pas à la production d’électricité. Son immense réservoir, d’une capacité annoncée de 34 milliards de mètres cubes, doit également jouer un rôle dans la gestion des eaux du Rufiji.
La régulation du débit du fleuve pourrait contribuer à réduire les risques liés aux crues dans les zones riveraines. Cette dimension donne au projet une portée qui dépasse le seul secteur énergétique.
Dans les communautés installées autour du bassin du Rufiji, la question de la maîtrise de l’eau est en effet étroitement liée à la sécurité des populations et aux activités économiques locales.
L’électricité au service de l’industrialisation
Pour la Tanzanie, le véritable test commence désormais avec l’exploitation de l’ouvrage.
Une production électrique plus importante peut permettre aux entreprises de fonctionner avec davantage de stabilité, soutenir les investissements industriels et favoriser l’émergence de nouvelles activités. Elle peut aussi améliorer les conditions de vie des populations encore confrontées à un accès limité ou irrégulier à l’électricité.
Le défi sera donc de transformer les mégawatts produits par Julius Nyerere en bénéfices visibles dans l’économie et dans le quotidien des Tanzaniens.
Cette ambition prend une importance particulière alors que le pays poursuit l’extension de son réseau électrique et cherche à réduire les pertes enregistrées lors du transport et de la distribution de l’énergie.
Un tournant pour la souveraineté énergétique tanzanienne
Avec ses 2 115 MW, la centrale hydroélectrique Julius Nyerere devient l’un des principaux piliers du système énergétique tanzanien.
Son inauguration marque surtout le passage d’une promesse à une réalité : celle d’une Tanzanie capable de produire davantage d’électricité pour accompagner ses ambitions économiques.
Sur les rives du Rufiji, ce gigantesque ouvrage représente ainsi bien plus qu’une infrastructure. Pour les autorités, il symbolise une nouvelle étape vers la sécurité énergétique. Pour les entreprises, il nourrit l’espoir d’une alimentation électrique plus fiable. Et pour les populations, il porte la promesse d’un accès accru à une énergie indispensable à la vie quotidienne.
La réussite du projet se mesurera désormais non seulement en mégawatts produits, mais aussi en emplois créés, en entreprises développées et en foyers durablement alimentés en électricité.