L’ampleur prise par ces manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud détériore brutalement le climat social dans les deux principales métropoles du territoire. En effet, après plusieurs semaines d’une mobilisation de plus en plus hostile, la peur s’installe désormais au sein des communautés d’expatriés, qui redoutent une réédition des crises passées.
Des violences urbaines sous haute surveillance
Tout d’abord, cette journée de mobilisation a plongé les grands centres urbains dans une ambiance électrique. À Johannesburg, le climat a rapidement dégénéré en milieu de journée. Des groupuscules ont ciblé des commerces et des logements privés, provoquant des affrontements directs et des jets de projectiles avec les résidents du quartier.
À l’inverse, la ville de Durban a connu un rassemblement plus discipliné. Des milliers de protestataires ont arpenté les artères principales sous l’œil vigilant des forces de l’ordre. Néanmoins, malgré l’absence de heurts majeurs, une profonde rancœur restait palpable dans le cortège.
L’intimidation au cœur des quartiers
En outre, la tension s’est invitée jusque sur le pas de la porte des habitants. Dans plusieurs banlieues, les marcheurs ont encerclé les domiciles de personnes suspectées d’être des clandestins, les sommant de quitter les lieux sur-le-champ. Heureusement, le sang-froid des forces de l’ordre a évité le pire. Les policiers ont notamment dû s’interposer de justesse lors d’une violente altercation verbale pour empêcher un lynchage.
Face à cette menace, le gouvernement a déployé d’importants renforts de sécurité. Pourtant, cette démonstration de force ne semble pas décourager les initiateurs de ces manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud, qui affichent leur intention de durcir le mouvement.
Un bras de fer politique sur le contrôle des frontières
Pour légitimer leur action, les leaders de la contestation s’apprêtent à soumettre un cahier de doléances officiel au pouvoir exécutif. Leurs exigences se résument en deux points : le renvoi immédiat de tous les sans-papiers et le verrouillage des frontières nationales.
En somme, ces groupes de pression cherchent à acculer le gouvernement pour le contraindre à durcir radicalement sa législation sur le droit d’asile et l’immigration.
Le spectre des tragédies passées
Cette crise actuelle réveille les démons de l’Afrique du Sud, qui a déjà subi des vagues de haine xénophobe meurtrières en 2008 et en 2015. C’est précisément ce passé traumatique qui explique la panique actuelle des communautés étrangères.
Par conséquent, un véritable exode s’est orchestré ces derniers jours. Redoutant le pire, plus de 25 000 ressortissants venus du Zimbabwe, du Malawi, du Mozambique, du Nigeria ou du Ghana ont plié bagage. Si certains ont fui par leurs propres moyens, d’autres ont pu compter sur les cellules de rapatriement d’urgence déployées par leurs gouvernements d’origine.

