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Sécheresse : la Côte d’Ivoire plaide pour une résilience renforcée à la COP17 de la CNULCD

Sécheresse : la Côte d’Ivoire plaide pour une résilience renforcée à la COP17 de la CNULCD

Abou Bamba présente les priorités ivoiriennes pour la résilience face à la sécheresse à la COP17.

À Oulan-Bator, en Mongolie, la sécheresse s’impose parmi les grands défis environnementaux de la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Le mardi 25 août 2026, le ministre ivoirien de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a défendu les priorités de la Côte d’Ivoire pour renforcer la résilience face à la sécheresse.

Lors du Dialogue ministériel consacré à cette question, le ministre a lancé un appel à l’action. Pour lui, les États doivent transformer leurs engagements internationaux en mesures concrètes. Ils doivent aussi mieux préparer les populations aux conséquences du dérèglement climatique.

La sécheresse menace de plus en plus l’Afrique

Les chiffres de la CNULCD montrent l’ampleur du problème. En Afrique, les terres arides et désertiques couvrent environ deux tiers du continent. Près des trois quarts de ces espaces souffrent déjà de dégradation.

Depuis cinquante ans, les sécheresses ont causé plus de 500 000 décès en Afrique. Elles ont aussi entraîné près de 70 milliards de dollars de pertes économiques.

Le risque pourrait encore augmenter. D’ici 2030, jusqu’à 118 millions d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté pourraient subir les effets de la sécheresse, des inondations et des fortes chaleurs.

Derrière ces chiffres, des millions de vies dépendent directement de la terre et de l’eau. Une récolte compromise peut fragiliser une famille. Un point d’eau asséché peut bouleverser le quotidien d’une communauté.

La Côte d’Ivoire n’échappe pas au risque

La Côte d’Ivoire ne connaît pas les paysages désertiques du Sahel. Pourtant, elle fait face à une dégradation progressive de certaines terres. Les régions du Nord restent particulièrement vulnérables à la sécheresse.

Entre 2000 et 2010, la dégradation a touché environ 3,55 millions d’hectares. Cette superficie représente près de 11 % du territoire ivoirien. Durant la même période, 1,61 million d’hectares ont connu une baisse de productivité.

Pour Abou Bamba, ces données appellent à une nouvelle approche. La sécheresse ne représente plus seulement un phénomène saisonnier. Elle devient un risque structurel.

Le changement climatique accentue cette menace. L’utilisation intensive des terres et la dégradation des écosystèmes aggravent également la situation.

« La résilience face à la sécheresse ne peut pas être improvisée lorsque la crise survient », a déclaré le ministre.

La Côte d’Ivoire veut donc agir avant que les crises ne frappent les populations.

Quatre priorités pour mieux résister à la sécheresse

Abidjan veut organiser sa stratégie autour de quatre axes.

Anticiper pour mieux protéger. Le pays veut renforcer la planification et mieux intégrer les risques climatiques dans les politiques publiques.

Sécuriser durablement l’eau. La gestion des ressources hydriques devient une priorité. Le stockage et l’accès à l’eau doivent notamment soutenir les populations et les activités agricoles.

Restaurer les terres et les écosystèmes. La restauration des espaces dégradés peut améliorer la productivité des sols. Elle peut aussi renforcer leur capacité à résister aux épisodes de sécheresse.

Placer les populations au centre de l’action. Les politiques environnementales doivent répondre aux besoins des communautés locales. Leur participation reste essentielle pour obtenir des résultats durables.

L’Afrique doit changer d’échelle

Pour la Côte d’Ivoire, les projets pilotes ne suffisent plus. Les pays africains doivent désormais développer des programmes capables de produire des résultats à grande échelle.

Cette ambition nécessite des financements plus accessibles. Elle demande aussi des ressources prévisibles et durables.

Abidjan plaide ainsi pour un renforcement du Mécanisme mondial de la CNULCD. La Côte d’Ivoire souhaite également une mobilisation accrue des banques multilatérales de développement.

L’objectif est simple : donner aux États les moyens de passer de petites expériences locales à des programmes nationaux et régionaux.

Miser sur la coopération entre pays africains

La Côte d’Ivoire défend aussi une coopération Sud-Sud plus forte. Les pays africains peuvent davantage partager leurs données, leurs technologies et leurs expériences.

Abidjan souhaite par ailleurs mesurer les progrès réalisés grâce à des indicateurs précis. Ces indicateurs pourraient porter sur le nombre de personnes protégées, les terres restaurées ou encore les capacités de stockage de l’eau.

Ils pourraient également mesurer les pertes agricoles évitées et les financements mobilisés.

Cette méthode permettrait de vérifier concrètement l’efficacité des engagements pris lors des conférences internationales.

La Côte d’Ivoire poursuit la dynamique d’Abidjan

La position ivoirienne s’inscrit dans la continuité de la COP15 de la CNULCD, organisée à Abidjan. Le pays avait alors placé la restauration des terres et la lutte contre la désertification au centre des discussions internationales.

À la COP17, Abidjan entend maintenir cette dynamique. Le pays réaffirme notamment son engagement en faveur de la neutralité en matière de dégradation des terres.

Le gouvernement souhaite poursuivre le travail avec la CNULCD, les institutions africaines et les partenaires techniques et financiers. Il entend également associer le secteur privé, la société civile et les communautés locales.

Pour la Côte d’Ivoire, le message porté à Oulan-Bator tient en une idée forte : préparer aujourd’hui les territoires et les populations permet de mieux affronter la sécheresse de demain.

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