Le paysage politique bissau-guinéen entre dans une nouvelle phase à l’approche des prochaines élections. Umaro Sissoco Embaló, renversé par les militaires en novembre 2025, a annoncé son retour en Guinée-Bissau pour le 4 octobre 2026.
Depuis son départ, l’ancien chef de l’État réside à l’étranger. Il a indiqué vouloir rentrer volontairement dans son pays et a appelé, à cette occasion, à la tolérance et au respect.
Son retour intervient dans un contexte politique marqué par la transition militaire engagée après le coup d’État du 26 novembre 2025.
Une candidature annoncée pour décembre
Umaro Sissoco Embaló ne prévoit pas seulement de rentrer au pays. Il a également confirmé son intention de participer à la prochaine élection présidentielle.
Le scrutin doit se tenir le 6 décembre 2026, selon le calendrier établi par les autorités de transition. L’ancien président entend se présenter sous les couleurs d’une « Plateforme républicaine ».
Cette annonce intervient plusieurs mois après son renversement. Le 26 novembre 2025, des militaires avaient pris le contrôle des institutions, quelques heures avant la publication des résultats de l’élection présidentielle organisée le 23 novembre.
Umaro Sissoco Embaló avait alors déclaré avoir été arrêté au palais présidentiel. Les militaires avaient suspendu le processus électoral et installé une autorité de transition.
Une transition dirigée par Horta N’Tam
Après le coup d’État, le général Horta N’Tam a été investi président de la transition. Il dirige depuis les institutions chargées d’assurer la continuité de l’État et de préparer le retour à un ordre institutionnel.
La crise avait également provoqué une réaction de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’organisation régionale avait demandé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et engagé des démarches de médiation.
Le Sénégal a notamment participé aux efforts de facilitation auprès des autorités bissau-guinéennes.
Une nouvelle Constitution adoptée
Pendant cette période de transition, les autorités ont engagé une réforme du cadre institutionnel. Un référendum constitutionnel s’est tenu le 30 août 2026.
Selon les résultats annoncés par la Commission nationale électorale, le « oui » a obtenu 383 117 voix, contre 160 904 pour le « non ». Le fichier électoral comptait 914 428 inscrits et la participation s’est établie à 572 714 votants.
La nouvelle Constitution modifie notamment l’organisation des pouvoirs publics. Elle prévoit une évolution des prérogatives du président de la République et redéfinit les relations entre la présidence, le gouvernement et le Parlement.
Une présidentielle dans un nouveau cadre politique
La prochaine présidentielle doit donc se dérouler dans ce nouveau contexte institutionnel. Le calendrier prévoit également des élections législatives dans le cadre de la transition vers les nouvelles institutions.
La Cédéao a pris acte de ce calendrier tout en appelant à un processus électoral transparent et inclusif.
L’annonce du retour d’Umaro Sissoco Embaló ajoute ainsi un nouvel élément à la préparation du scrutin de décembre. Son arrivée prévue le 4 octobre devrait permettre à l’ancien président de reprendre directement part à la vie politique nationale, après plusieurs mois passés hors du pays.