Le message de la ministre d’État Anne Désirée Ouloto-Lamizana se veut ferme. En visite dans le département de Toulepleu, elle a appelé l’administration à intensifier les actions contre l’exploitation clandestine de l’or.
La présidente du Conseil régional du Cavally s’exprimait mercredi 2 septembre lors d’une rencontre avec les responsables administratifs et les agents de l’État.
Elle leur a demandé de renforcer la prévention et de signaler les pratiques illégales. Pour la ministre, les autorités locales doivent jouer un rôle central dans cette lutte grâce à leur proximité avec les communautés.
La protection de l’eau au premier plan
Anne Ouloto a surtout insisté sur les conséquences environnementales de l’orpaillage clandestin.
Elle estime que cette activité menace les ressources naturelles du Cavally, notamment les cours d’eau et les espaces forestiers. Elle a également évoqué les risques liés aux produits chimiques utilisés sur certains sites.
La ministre a ainsi appelé les populations à mesurer les conséquences de ces pratiques sur les générations futures.
La santé n’est pas la seule préoccupation soulevée. Anne Ouloto a également évoqué les conséquences sociales qu’elle associe à l’activité des sites clandestins.
Elle a notamment cité la déscolarisation des enfants, leur présence sur certains sites, ainsi que la consommation de drogues et la prostitution.
Les propriétaires terriens interpellés
La ministre d’État a aussi appelé les détenteurs de terres à ne pas favoriser l’installation de sites clandestins.
Elle leur demande de ne pas céder à la recherche de revenus rapides au détriment des ressources naturelles et des activités agricoles.
Cette mobilisation concerne donc à la fois l’administration et les communautés locales.
Le préfet de Toulepleu, Bini Koffi Étienne, a pour sa part assuré que les autorités départementales allaient renforcer leur action. Il a annoncé l’objectif de parvenir à un département débarrassé de l’orpaillage illégal.
Toulepleu veut aussi accélérer son développement
La lutte contre l’orpaillage s’inscrit dans une visite consacrée plus largement aux préoccupations du département.
Anne Ouloto a notamment évoqué les besoins en infrastructures et en eau potable. Elle a assuré que les cinq kilomètres de voirie annoncés pour Toulepleu seront réalisés.
L’accès à l’eau potable doit également bénéficier des actions prévues dans le cadre du Programme national de développement.
La ministre s’est ensuite rendue à Klaon, son village natal. Elle y a poursuivi ses échanges avec les populations, en particulier avec les jeunes.
Elle les a appelés à éviter la drogue et à protéger les activités économiques locales. Elle a notamment insisté sur la nécessité de lutter contre la sortie clandestine des produits agricoles vers le Liberia.
Une lutte qui dépasse Toulepleu
L’appel lancé dans le Cavally intervient alors que les autorités ivoiriennes multiplient les opérations contre l’orpaillage illégal dans plusieurs régions du pays.
Le ministère des Eaux et Forêts a encore mené récemment une opération de répression à Zaranou, dans le cadre de la lutte contre les sites clandestins.
À Toulepleu, Anne Ouloto veut désormais obtenir une mobilisation plus forte des services publics et des communautés. Son objectif affiché est de faire reculer durablement cette activité et de préserver les ressources naturelles du département.