La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) réunit ses chefs d’État et de gouvernement à Durban pour son 46ᵉ Sommet ordinaire. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa accueille cette rencontre, organisée autour des enjeux d’industrialisation, d’infrastructures, d’agriculture et de valorisation des minéraux critiques.
Kinshasa entend profiter de ces assises pour défendre ses positions sur la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Kinshasa plaide pour une action régionale
Le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Kabombo, représente Félix Tshisekedi au sommet. Il conduit une délégation comprenant notamment la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni.
Avant l’ouverture du sommet, Guy Kabombo a participé samedi 15 août à la réunion du Comité ministériel de la Troïka de l’Organe de la SADC.
À cette occasion, le responsable congolais a présenté la position de Kinshasa sur la situation dans l’Est. Il a notamment appelé à une implication plus forte de la région dans la recherche d’une solution au conflit.
La RDC dénonce les violences dans l’Est
Selon le ministère congolais de la Défense, Guy Kabombo a dénoncé les activités de l’AFC/M23 et ce que Kinshasa qualifie d’agression rwandaise.
Il a également évoqué les attaques attribuées aux ADF/MTM-ISCAP contre les populations civiles en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Face à ces violences, Kinshasa souhaite donc renforcer l’engagement régional en faveur de la paix et de la sécurité.
La SADC mise sur le dialogue
À l’issue de la réunion de la Troïka, la SADC a réaffirmé son attachement à la paix, à la sécurité et au dialogue.
L’organisation régionale insiste également sur la nécessité d’une action collective pour répondre aux crises qui touchent certains de ses États membres.
Son secrétaire exécutif, Elias M. Magosi, a pour sa part relevé la stabilité générale de la région. Il a toutefois reconnu l’existence de défis politiques et sécuritaires dans certaines zones.
Il a notamment salué les efforts de médiation et de diplomatie préventive engagés pour favoriser des solutions politiques durables.
Un sommet consacré aussi au développement
La crise sécuritaire de l’Est de la RDC figure donc parmi les dossiers sensibles de ces assises. Toutefois, le sommet aborde également plusieurs questions économiques et sociales.
Les dirigeants doivent notamment discuter d’industrialisation, de développement des infrastructures, de transformation agricole et de ressources minières stratégiques.
Créée en 1980 sous le nom de SADCC, la SADC est devenue en 1992 la Communauté de développement de l’Afrique australe. Elle compte aujourd’hui 16 États membres.
Pour Kinshasa, le sommet de Durban représente surtout une nouvelle occasion de porter la question de la sécurité dans l’Est de la RDC au niveau régional.