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Djidji Ayôkwé : après 110 ans d’absence, le mythique tambour parleur retrouve la terre Ébrié

Djidji Ayôkwé : après 110 ans d’absence, le mythique tambour parleur retrouve la terre Ébrié

Après 110 ans d’absence, le Djidji Ayôkwé retrouve sa terre d’origine. Vendredi 7 août 2026, la communauté Ébrié d’Abidjan l’a accueilli à Adjamé-village. La cérémonie a réuni autorités, chefs traditionnels et populations. Danses, chants et émotions ont rythmé cet événement historique, organisé dans le cadre du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
Accueil du Djidji Ayôkwé par la communauté Ébrié à Adjamé-village

Après plus d’un siècle loin de sa terre d’origine, le Djidji Ayôkwé retrouve la communauté Ébrié d’Abidjan. Vendredi 7 août 2026, les populations l’ont accueilli à Adjamé-village dans une grande émotion. La cérémonie a donné une dimension historique aux festivités du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

À Adjamé-village, l’émotion était palpable. Lorsque le mythique tambour parleur a retrouvé sa terre d’origine, les populations n’ont pas seulement accueilli un objet ancien. Elles ont retrouvé une part de leur histoire.

Les autorités ont organisé la cérémonie à la place Akosso Gban Hin. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, y a pris part. Plusieurs membres du gouvernement étaient également présents. Des autorités administratives, politiques et traditionnelles ont participé à l’événement.

Les chants et les danses ont rythmé la rencontre. Une dizaine de troupes traditionnelles venues de plusieurs villages ont animé la cérémonie. Elles ont ainsi célébré l’un des symboles majeurs du patrimoine Ébrié.

Le retour du Djidji Ayôkwé, un moment chargé de mémoire

Pour la communauté Ébrié, le retour du Djidji Ayôkwé dépasse largement la dimension culturelle. En effet, il renvoie à une histoire marquée par l’éloignement, la mémoire et la transmission.

Secrétaire général de la chefferie Abidjan-Adjamé, Mobio Prospère a appelé à faire de ce retour un moment de pardon, de cohésion sociale et de réconciliation.

« Ce retour du Djidji Ayôkwé doit être sous le signe du pardon et de la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

Son intervention montre l’importance de cet événement pour les communautés concernées. Après plusieurs décennies d’attente, le retour du tambour marque une nouvelle étape. Il permet aux Atchan de renouer avec une partie de leur histoire et de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.

Un tambour qui faisait parler les villages

Le Djidji Ayôkwé n’était pas un tambour comme les autres. Ce tambour à fente mesure plus de trois mètres. Il pèse environ 400 kilogrammes.

À l’époque, les villages Ébrié l’utilisaient pour communiquer sur de longues distances. Ses sonorités transmettaient des alertes, des ordres et des messages codés.

Ainsi, le tambour occupait une place stratégique dans la vie des communautés. Son utilisation permettait aux villages de rester en contact et de faire circuler rapidement certaines informations.

Cette fonction explique en partie le destin particulier de l’instrument. Les autorités coloniales ont confisqué le Djidji Ayôkwé en 1916. Elles redoutaient notamment son rôle dans la mobilisation des populations.

Le tambour a ensuite passé plus d’un siècle loin de son territoire d’origine.

Le 20 février 2026, la Côte d’Ivoire a récupéré le Djidji Ayôkwé après environ 110 ans d’absence. Son retour constitue depuis un événement majeur pour le patrimoine culturel ivoirien.

Un symbole de restitution et de réconciliation

Lors de la cérémonie, le conseiller à la présidence de la République, Laurent Tchagba, a salué le travail des différents acteurs ayant contribué à cette restitution.

Il a rappelé la volonté du chef de l’État, Alassane Ouattara. Le président souhaite permettre au peuple Atchan de retrouver une partie de son histoire et de son patrimoine.

Pour Laurent Tchagba, la restitution dépasse la seule question patrimoniale. Elle doit également renforcer les liens entre le peuple Atchan et les autres communautés de Côte d’Ivoire.

Le message prend donc une dimension plus large. Retrouver un objet du passé peut aussi contribuer à construire des relations plus apaisées dans le présent.

Le Djidji Ayôkwé au cœur du 66e anniversaire de l’indépendance

L’accueil organisé à Adjamé-village s’inscrivait dans les festivités du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Quelques heures auparavant, les autorités avaient présenté le Djidji Ayôkwé à la Nation. La présentation avait eu lieu lors du défilé organisé à Yopougon, commune choisie pour accueillir les festivités officielles.

Le président Alassane Ouattara a assisté à la cérémonie. Des membres du gouvernement étaient présents. Des militaires, des diplomates, des chefs traditionnels et des représentants de la société civile ont également participé.

Cette année, les autorités ont choisi le thème :

« Forces de défense et de sécurité (FDS) au service de la paix, de l’unité et du développement ».

Dans ce contexte, la présence du Djidji Ayôkwé a également donné une dimension patrimoniale et mémorielle à la fête nationale.

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Une nouvelle étape avant le musée

Le maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, s’est également réjoui de la présence du tambour sur le sol ivoirien. Il a qualifié ce retour d’acte d’une grande envergure.

Après cette présentation, le Djidji Ayôkwé rejoindra le musée. Les responsables assureront sa conservation et sa présentation au public.

Les autorités prévoient aussi une grande cérémonie en son honneur.

Après 110 ans d’absence, le mythique tambour parleur retrouve donc sa terre. Il revient au cœur de la mémoire Ébrié. Désormais, les jeunes générations pourront mieux connaître cette partie de leur histoire.

Enfin, son retour ne marque pas seulement la fin d’une longue absence. Il ouvre une nouvelle page pour le patrimoine culturel ivoirien. Le Djidji Ayôkwé devient ainsi un témoin précieux de l’histoire, de la mémoire et de l’identité du peuple Atchan.

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