Le Niger accélère sa transformation industrielle. Le 14 août 2026, le gouvernement a signé avec le groupe Zimar un accord de 1,9 milliard de dollars pour construire une raffinerie de 100 000 barils par jour à Dosso. Le projet comprend aussi un complexe pétrochimique et un réseau de pipelines.
À Dosso, le Niger prépare une nouvelle étape de son aventure pétrolière. Le pays veut désormais aller au-delà de l’extraction du brut. Il souhaite le transformer sur son territoire et renforcer son autonomie énergétique.
L’accord signé à Niamey avec le groupe Zimar représente un investissement de 1,9 milliard de dollars, soit environ 1 077 milliards de francs CFA.
La future raffinerie affichera une capacité de 100 000 barils par jour. Elle s’accompagnera d’un complexe pétrochimique et de plusieurs infrastructures destinées au transport des produits pétroliers.
Une raffinerie cinq fois plus grande que celle de Zinder
Le Niger dispose déjà d’une raffinerie à Zinder. Cette installation traite environ 20 000 barils par jour.
Avec le projet de Dosso, le pays changera donc d’échelle. La nouvelle unité pourra traiter cinq fois plus de pétrole que la raffinerie actuelle.
Cette capacité doit permettre au Niger de mieux couvrir ses besoins en carburants. Elle pourrait aussi ouvrir la voie à de nouvelles exportations vers les pays voisins.
Le gouvernement veut ainsi renforcer la transformation locale du pétrole. Il cherche également à limiter la dépendance du pays aux produits raffinés importés.
Un projet construit sur le modèle BOT
Le gouvernement nigérien et Zimar ont choisi un partenariat public-privé de type BOT, pour « Build, Operate and Transfer ».
Le principe reste simple. Zimar financera et construira la raffinerie. Le groupe assurera ensuite son exploitation pendant une période définie. Il transférera finalement les installations à l’État nigérien.
Le calendrier prévoit trois ans de travaux. Zimar exploitera ensuite l’infrastructure pendant treize ans.
À terme, l’État récupérera les actifs dans les conditions prévues par la convention.
Cette formule permet au Niger de lancer un projet industriel majeur sans supporter seul le coût initial de construction.
Dosso au cœur de la nouvelle stratégie pétrolière
La ville de Dosso se trouve à environ 140 kilomètres de Niamey. Le site pourrait devenir un important centre industriel du pays.
La raffinerie ne constituera d’ailleurs qu’une partie du projet. Le complexe comprendra aussi une unité pétrochimique et un réseau de pipelines.
Ces infrastructures doivent faciliter le transport du pétrole et des produits issus du raffinage.
Le projet pourrait également créer de nouvelles activités autour de la raffinerie. Transport, maintenance, logistique, services industriels et sous-traitance pourraient profiter de cette nouvelle dynamique.
Du pétrole d’Agadem à la transformation locale
Le Niger exploite ses ressources pétrolières depuis 2011. Cette année-là, le pays a lancé la production sur le site d’Agadem.
Un an plus tard, la raffinerie de Zinder est entrée en activité. Elle a permis au Niger de commencer à transformer une partie de son pétrole sur place.
Le pays a ensuite franchi une nouvelle étape avec l’exportation de son brut par oléoduc.
Depuis 2023, un pipeline relie les zones de production nigériennes au Bénin. Cette infrastructure permet au Niger d’acheminer son pétrole vers le marché international.
Le projet de Dosso veut désormais compléter cette chaîne. Le pays entend produire, transporter, raffiner et commercialiser davantage de produits pétroliers.
Une ambition qui dépasse les frontières du Niger
Le marché nigérien reste au centre du projet. La nouvelle raffinerie doit d’abord contribuer à sécuriser l’approvisionnement national.
Mais les ambitions du gouvernement vont plus loin.
La capacité de 100 000 barils par jour pourrait permettre au Niger de fournir une partie de sa production aux pays voisins. Cette perspective intéresse particulièrement les États sahéliens confrontés à des difficultés d’approvisionnement.
Le Niger pourrait ainsi renforcer son rôle dans la sécurité énergétique régionale.
Un accord conclu avec le Mali illustre déjà cette orientation. Les deux pays ont prévu la fourniture de 150 millions de litres de gasoil à un prix préférentiel de 328 francs CFA le litre.
Cette coopération montre que Niamey souhaite désormais utiliser ses ressources pétrolières pour soutenir aussi son environnement régional.
Une étape importante, mais des défis restent à relever
L’annonce de la raffinerie de Dosso marque une avancée importante. Mais le projet devra encore franchir plusieurs étapes avant sa mise en service.
Zimar devra notamment sécuriser le financement, réaliser les études techniques et respecter le calendrier de construction.
Le gouvernement nigérien devra également suivre l’exécution du projet et veiller au respect des engagements pris dans la convention.
La réussite dépendra donc autant du financement que de la qualité des travaux et de la future exploitation.
Le Niger veut changer de dimension
Avec la raffinerie de Dosso, le Niger affiche une ambition claire. Le pays ne veut plus seulement exporter son pétrole brut.
Il veut aussi le transformer, développer son industrie et mieux répondre à ses besoins énergétiques.
Le projet de 1,9 milliard de dollars pourrait ainsi devenir un tournant pour le secteur pétrolier nigérien.
Si le calendrier se concrétise, Dosso pourrait accueillir dans quelques années l’un des plus importants pôles de raffinage du Sahel.
Pour le Niger, le défi commence maintenant : transformer cette ambition industrielle en une infrastructure opérationnelle et durable.