Abidjan, 17 août 2026 – Derrière les chiffres, ce sont des pans entiers de territoires qui ont été vidés de leurs installations clandestines. Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026, la Gendarmerie nationale ivoirienne a mené une vaste série d’opérations contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, aboutissant au déguerpissement de 1 114 sites et à l’interpellation de 1 531 personnes, selon un rapport consulté par Abidjan.net.
Ces opérations témoignent de la volonté des autorités de renforcer la lutte contre une activité clandestine qui transforme certains espaces en véritables zones d’exploitation minière, avec son lot d’équipements abandonnés, d’habitats précaires et de risques pour les populations.
Plus d’un millier de sites d’orpaillage illégal déguerpis
Au cours des sept premiers mois de l’année, les éléments de la maréchaussée ivoirienne ont procédé à la fermeture et au déguerpissement de 1 114 sites d’orpaillage illégal à travers le pays.
Sur ces sites, les forces de sécurité ont découvert d’importants moyens utilisés pour l’exploitation clandestine de l’or. Les opérations ont notamment permis de saisir 4 410,42 grammes d’or, ainsi que 244 groupes électrogènes, 255 barres de dynamite et 2 541 motopompes.
La présence de dynamite et de nombreux équipements motorisés illustre l’ampleur prise par certaines activités minières clandestines. L’orpaillage ne se limite plus à quelques chercheurs d’or munis d’outils rudimentaires : dans plusieurs zones, l’exploitation repose sur des moyens mécaniques capables de transformer rapidement les espaces concernés.
Des milliers d’installations détruites
L’intervention de la Gendarmerie nationale ne s’est pas limitée aux interpellations et aux saisies.
Le bilan fait également état de la destruction de 16 200 abris de fortune, installés sur les sites concernés. À cela s’ajoutent 169 broyeuses, 6 142 motopompes et 5 845 concasseurs détruits au cours des opérations.
Derrière ces installations, il y avait aussi des hommes et des femmes venus chercher des revenus dans l’espoir d’améliorer leur quotidien. Pour certains, l’orpaillage représente une source de subsistance dans des zones où les possibilités d’emploi restent limitées. Mais cette activité, lorsqu’elle est pratiquée en dehors du cadre légal, expose également les travailleurs et les populations riveraines à de nombreux dangers.
1 531 personnes interpellées
Les opérations conduites entre janvier et juillet ont par ailleurs conduit à l’interpellation de 1 531 personnes.
Ces arrestations constituent l’un des volets de la stratégie engagée par les autorités ivoiriennes pour lutter contre les réseaux et les acteurs impliqués dans l’exploitation clandestine des ressources aurifères.
L’enjeu dépasse en effet la seule question de l’extraction de l’or. L’orpaillage illégal peut entraîner une occupation anarchique des terres, favoriser la dégradation des espaces naturels et compliquer le contrôle des activités minières.
Le GSLOI au cœur de la lutte
En Côte d’Ivoire, la lutte contre ce phénomène est notamment menée par le Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GSLOI), une unité de la Gendarmerie nationale spécifiquement chargée de combattre l’exploitation aurifère clandestine.
Sur le terrain, ses opérations visent à démanteler les sites, saisir les équipements utilisés et interpeller les personnes impliquées dans ces activités.
Le bilan enregistré au 31 juillet 2026 donne ainsi une idée de l’ampleur de la mobilisation : plus d’un millier de sites déguerpis, des milliers d’équipements détruits et plusieurs tonnes ou kilogrammes d’outils et de matériels retirés des circuits clandestins, avec 4,41 kg d’or saisis sur la période.
Un combat aux conséquences humaines et environnementales
La lutte contre l’orpaillage illégal pose un double défi. Il s’agit de protéger les ressources naturelles et de faire respecter la réglementation minière, tout en prenant en compte les réalités économiques des personnes qui dépendent de cette activité.
Chaque site détruit représente donc plus qu’un simple ensemble d’abris ou de machines. Derrière les installations démantelées se trouvent des travailleurs, des familles et parfois des communautés entières confrontées à la nécessité de trouver d’autres moyens de subsistance.
Pour les autorités ivoiriennes, la priorité reste néanmoins de contenir l’exploitation clandestine et ses conséquences. Les chiffres du premier semestre 2026 montrent que les opérations de contrôle se poursuivent à un rythme soutenu.
Avec 1 114 sites déguerpis et 1 531 personnes interpellées en sept mois, la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire s’impose ainsi comme l’un des principaux fronts de la sécurisation des zones minières et de la protection des territoires.