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Son mari lui demande 2 millions : il veut ouvrir un restaurant

Son mari lui demande 2 millions : il veut ouvrir un restaurant

Mari demande 2 millions à sa femme pour ouvrir un restaurant
Young couple having financial problems, arguing about overdue bills and taxes, trying to find solutions

Du foyer à la vente de repas : le pari d’une femme pour sa famille

Pendant douze ans, cette mère de deux enfants a consacré l’essentiel de son temps à son foyer. Son mari travaillait comme cadre dans une entreprise de transit et le couple menait une vie relativement stable.

La situation a changé brutalement lorsque l’entreprise a fermé ses portes. Du jour au lendemain, son mari s’est retrouvé sans emploi.

Face à cette nouvelle réalité, elle a décidé de chercher une solution plutôt que de rester dans l’attente. Depuis sa cuisine, elle a commencé à préparer des repas qu’elle vendait dans les banques et les bureaux de la ville.

Chaque matin, elle se levait aux premières heures. À partir de 4 ou 5 heures, elle préparait les plats, remplissait les barquettes et organisait les livraisons avec l’aide d’un conducteur de moto du quartier.

Au départ, l’activité était modeste. Mais ses clients sont progressivement devenus fidèles.

« Une vendeuse de gamelles » : l’humiliation devant les proches

Son initiative n’a pourtant pas reçu le soutien qu’elle espérait à la maison.

Selon son récit, son mari avait du mal à accepter qu’après avoir été cadre dans une entreprise de transit, son foyer dépende désormais en partie d’une activité de restauration informelle.

Il lui reprochait notamment de donner une mauvaise image de la famille.

Une scène est restée particulièrement douloureuse.

Un samedi soir, alors que plusieurs anciens collègues et amis de son mari étaient réunis au domicile familial, celui-ci aurait tourné son activité en dérision.

Devant les invités, il aurait lancé, sur le ton de la plaisanterie :

« Regardez ma femme là ! Elle croit qu’avec ses marmites d’huile rouge et ses gamelles, elle va construire des immeubles et devenir millionnaire ! »

Les rires des invités ont été difficiles à encaisser.

Elle raconte avoir gardé le sourire devant les autres avant de rejoindre la cuisine, où elle aurait finalement laissé couler ses larmes.

Mais le lendemain, elle a repris le travail.

La petite cuisine devient un véritable restaurant

Loin de renoncer, la commerçante a continué à développer son activité.

La fidélité de ses clients lui a permis d’augmenter progressivement sa production, de mieux organiser ses livraisons et, finalement, de franchir une nouvelle étape.

Aujourd’hui, son activité n’a plus grand-chose à voir avec les premières barquettes préparées dans sa cuisine.

Elle possède désormais un restaurant reconnu, emploie cinq jeunes et affirme pouvoir prendre en charge les dépenses du foyer grâce à ses revenus.

Son parcours a ainsi pris une tournure inattendue : ce que son mari considérait autrefois comme une activité peu valorisante est devenu une véritable entreprise.

Deux millions de FCFA pour le même métier qu’il méprisait

C’est dans ce contexte qu’une nouvelle demande est arrivée.

Toujours à la recherche d’un emploi stable, son mari lui aurait demandé de lui prêter 2 millions de FCFA afin de lancer son propre projet.

Son idée : ouvrir un restaurant-snack-bar.

Il lui aurait également demandé de le former, puisqu’elle possède désormais une expérience concrète dans le secteur.

Pour cette femme, la demande fait remonter les blessures du passé.

Elle se demande notamment comment interpréter ce changement d’attitude. L’homme qui critiquait autrefois ses marmites et ses ventes de repas souhaite désormais utiliser son expérience et son argent pour se lancer dans la même activité.

Il affirme aujourd’hui regretter ses anciennes paroles et explique qu’elles étaient liées à la frustration provoquée par son chômage.

Entre solidarité conjugale et protection de son entreprise

Le dilemme dépasse donc la simple question de l’argent.

D’un côté, elle considère qu’il s’agit de son mari et du père de ses enfants. Elle sait également ce que représente le chômage et pourrait voir dans ce projet une occasion pour lui de retrouver son indépendance financière.

De l’autre, elle craint que l’aide financière ne règle pas le problème de fond : celui du respect au sein du couple.

Une question la préoccupe particulièrement : si son entreprise avait échoué, son mari aurait-il changé de regard sur elle ?

Elle redoute également de financer un projet qui pourrait, une fois rentable, reproduire les mêmes comportements qu’autrefois.

Faut-il donner les 2 millions ?

Dans une situation aussi personnelle, il n’existe pas de réponse universelle.

Financer le projet de son conjoint peut être une manière de construire ensemble une nouvelle étape de la vie familiale. Mais une aide financière importante ne devrait pas être décidée uniquement sous le poids de la culpabilité, de la pression familiale ou du sentiment de devoir prouver sa générosité.

Avant de débloquer une telle somme, le couple pourrait notamment discuter clairement du projet : budget, répartition des responsabilités, statut de chacun, remboursement éventuel, gestion du restaurant et surtout respect mutuel.

La question financière ne doit pas faire disparaître celle qui semble être au cœur de cette histoire : la reconnaissance du travail accompli et la place de chacun dans le couple.

Car derrière les 2 millions de FCFA se trouve une autre demande, beaucoup plus difficile à chiffrer : celle de savoir si les blessures du passé peuvent réellement être réparées.

Pour cette femme, le véritable enjeu n’est peut-être donc pas de savoir si son mari mérite une seconde chance. Il est de déterminer si cette seconde chance peut être construite sur des bases différentes de celles qui ont conduit à l’humiliation d’hier.

Une histoire qui interpelle

Son témoignage rappelle une réalité souvent vécue dans les familles : une activité considérée comme « petite » peut devenir, avec du travail et de la persévérance, une véritable source de revenus.

La vendeuse de repas d’hier est devenue entrepreneure. Et l’homme qui se moquait de ses marmites se retrouve aujourd’hui à lui demander de lui apprendre le métier.

Reste désormais à savoir quelle décision elle prendra.

À sa place, auriez-vous financé le projet de votre conjoint ou lui auriez-vous demandé de trouver lui-même les moyens de démarrer ?


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