L’identification électronique animale franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) et la société Vet’Tronic ont signé, mercredi 5 août 2026 à Abidjan-Plateau, une convention destinée à accélérer le déploiement du système national sur l’ensemble du territoire.
Dans un élevage, identifier un animal ne consiste plus seulement à savoir à quel propriétaire il appartient. Il s’agit désormais de pouvoir retracer son parcours, connaître ses mouvements et disposer d’informations fiables sur son état sanitaire. C’est dans cette logique que la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape avec le déploiement de l’identification électronique animale.
Le mercredi 5 août 2026, au cabinet du ministère des Ressources animales et halieutiques, à Abidjan-Plateau, le MIRAH et la société Vet’Tronic ont signé une convention de partenariat destinée à accélérer la mise en œuvre du Système national d’identification électronique des animaux domestiques, des animaux de compagnie, des propriétaires et des locaux.
Un outil pour mieux connaître le cheptel ivoirien
Pour le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, cette convention constitue une « étape déterminante » dans la modernisation de l’élevage ivoirien.
L’enjeu est concret. Pendant longtemps, le suivi des effectifs et des déplacements des animaux a reposé sur des dispositifs qui ne permettent pas toujours de disposer rapidement de données complètes et fiables. Cette situation complique la surveillance du cheptel et peut ralentir les interventions en cas de problème sanitaire.
Avec l’identification électronique, les autorités veulent disposer d’une meilleure connaissance des animaux présents sur le territoire et de leurs mouvements.
Le dispositif doit également contribuer à répondre à une préoccupation qui touche directement les éleveurs : le vol de bétail. Une identification fiable peut faciliter la reconnaissance des animaux et renforcer les moyens de lutte contre leur disparition ou leur circulation frauduleuse.
Santé animale et traçabilité au cœur du dispositif
Au-delà de la lutte contre les vols, le système poursuit un objectif sanitaire.
La possibilité d’identifier et de suivre les animaux doit permettre aux services compétents de mieux surveiller les mouvements du cheptel et d’améliorer le suivi sanitaire. Dans un contexte où les échanges d’animaux et de produits d’origine animale s’intensifient, la traçabilité devient également un enjeu économique.
Pour Sidi Tiémoko Touré, cette réforme doit permettre de connaître avec davantage de précision les effectifs animaux et leurs déplacements, tout en renforçant la surveillance sanitaire et la sécurisation des investissements des éleveurs.
Elle doit aussi faciliter l’accès aux marchés, notamment grâce à une meilleure traçabilité des productions animales.
Une réforme inscrite dans la PONADEPA 2
Le projet ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture de deuxième génération (PONADEPA 2).
Le gouvernement ivoirien entend ainsi accompagner la transformation du secteur de l’élevage et renforcer sa contribution à la sécurité et à la souveraineté alimentaires.
La Côte d’Ivoire cherche également à positionner son secteur animal comme un modèle à l’échelle régionale. Pour y parvenir, la modernisation des outils de gestion apparaît comme un passage incontournable.
D’Odienné à l’ensemble du territoire ivoirien
Le système national d’identification électronique des animaux avait été officiellement lancé à Odienné en juillet 2024. Depuis, plusieurs étapes préparatoires ont été engagées.
La plateforme numérique a notamment été développée, tandis que des projets pilotes ont permis d’expérimenter le dispositif. Les acteurs appelés à participer à sa mise en œuvre ont également bénéficié d’actions de renforcement des capacités.
La convention signée avec Vet’Tronic doit désormais permettre de passer à une nouvelle phase et d’accélérer le déploiement du système sur l’ensemble du territoire.
Vet’Tronic mise sur le transfert de compétences
Pour Dr Walid Ammar, président-directeur général de Vet’Tronic, la signature de cette convention marque « l’entrée officielle de la Côte d’Ivoire dans l’ère de l’identification électronique animale ».
L’entreprise entend accompagner le MIRAH dans plusieurs domaines. Elle prévoit notamment le transfert de compétences, la formation des équipes ivoiriennes ainsi que l’appui aux vétérinaires et aux éleveurs.
L’objectif affiché est de construire un système durable et adapté aux réalités du pays, avec l’ambition d’en faire, à terme, une référence pour d’autres pays africains.
Cette dimension est importante pour les professionnels du secteur. Car un système numérique, aussi performant soit-il, ne peut fonctionner durablement sans des agents formés, des vétérinaires impliqués et des éleveurs capables de l’utiliser correctement.
Vers un élevage plus moderne et plus compétitif
Avant la signature, le directeur de la Production animale au MIRAH, Dr Tré Bi Tré Christian, a rappelé les enjeux du partenariat. Pour le ministère, la modernisation des outils d’identification constitue une condition importante pour construire un élevage plus performant et compétitif.
Derrière les données, les plateformes numériques et les dispositifs électroniques, l’enjeu reste donc très concret : permettre aux éleveurs de mieux protéger leur cheptel, aux vétérinaires de suivre plus efficacement les animaux et aux autorités de disposer d’informations fiables pour prendre leurs décisions.
Avec ce partenariat, la Côte d’Ivoire veut ainsi franchir un nouveau cap dans la traçabilité animale. Une évolution qui pourrait, à terme, transformer la manière dont les animaux sont identifiés, suivis et protégés sur le territoire national.