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Ghana : la transhumance inquiète face aux tensions croissantes

Ghana : la transhumance inquiète face aux tensions croissantes

La mobilité pastorale continue de jouer un rôle important dans l’économie des communautés du nord du Ghana. Toutefois, elle provoque aussi des tensions croissantes autour de l’accès aux ressources naturelles.

Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 4 200 éleveurs transhumants et près de 100 000 têtes de bétail ont circulé entre juin et novembre 2025 dans les régions du Haut-Est et du Haut-Ouest.

Ces chiffres ont été présentés le 5 août 2026 à Accra, lors d’une rencontre consacrée à la gouvernance de la transhumance.

La pression sur les ressources inquiète

La rencontre a réuni plusieurs acteurs engagés dans la prévention des conflits. Le Secrétariat du Conseil national de sécurité du Ghana a organisé l’atelier avec l’appui de l’OIM, dans le cadre du mécanisme de stabilité des États côtiers (CSSM).

L’objectif était notamment de rechercher des solutions aux tensions qui opposent régulièrement agriculteurs et éleveurs.

Dans le nord du pays, la concurrence pour les terres de pâturage et les points d’eau devient plus forte. Le changement climatique accentue également la pression sur ces ressources.

L’OIM indique que son système d’alerte précoce a enregistré plus de 40 signalements entre juillet et novembre 2025. La majorité concernait des conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que des désaccords liés à l’accès aux pâturages et à l’eau.

L’OIM mise sur la prévention

Face à cette situation, les participants ont insisté sur l’importance d’une réponse préventive.

Représentant le Coordonnateur national de la sécurité, le général de division Timothy Ba-Taa-Banah a appelé à une mobilisation plus large de la société. Selon lui, le dialogue et la coopération doivent occuper une place centrale dans la gestion des nouveaux défis sécuritaires.

Les autorités souhaitent ainsi éviter que les différends liés à la transhumance ne dégénèrent en violences.

Des outils pour mieux suivre la transhumance

L’OIM s’appuie également sur plusieurs mécanismes de collecte et d’analyse des données.

Les programmes Climate Change and Migration Data et Displacement Tracking Matrix permettent notamment de suivre les déplacements des populations et du bétail.

Ces outils servent aussi à identifier les couloirs de transhumance, les infrastructures destinées aux éleveurs et les secteurs exposés aux tensions. Les informations recueillies peuvent ensuite aider les autorités à anticiper les risques et à intervenir plus rapidement.

Une coopération renforcée recommandée

À l’issue de l’atelier, les participants ont recommandé une meilleure implication des différents acteurs concernés.

Agriculteurs, éleveurs, propriétaires de bétail, chefs traditionnels, organisations de la société civile et services publics doivent participer davantage à la recherche de solutions.

Les participants ont également appelé à renforcer la coopération entre les districts. Cette coordination doit aussi dépasser les frontières nationales, compte tenu du caractère régional de la transhumance.

Pour l’OIM et ses partenaires, une meilleure circulation de l’information et une anticipation des tensions peuvent contribuer à préserver la cohésion entre les communautés.

La gestion de la transhumance apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour la stabilité du nord du Ghana, où la pression sur les terres et les ressources en eau risque de s’accentuer avec les effets du changement climatique.

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