Le paysage politique de São Tomé-et-Príncipe se retrouve profondément recomposé après les élections législatives. Le Mouvement de libération de São Tomé-et-Príncipe (MLSTP) arrive en tête du scrutin, devant l’Action démocratique indépendante (ADI).
Selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale, le MLSTP obtient 24 des 55 sièges de l’Assemblée nationale. L’ADI en décroche 23. Le MCI-PS/PUN obtient six élus et le mouvement Basta deux.
Une majorité encore à construire
Avec 24 députés, le MLSTP reste à quatre sièges de la majorité absolue, fixée à 28 élus.
La formation devra donc rechercher des appuis au Parlement pour permettre la mise en place d’un gouvernement disposant d’une majorité suffisante. Le MCI-PS/PUN et Basta disposent à eux deux des huit sièges restants.
Cette configuration place les petites formations parlementaires au centre des prochaines discussions politiques. Le choix de leurs éventuels soutiens pourrait peser sur la composition du futur exécutif.
Un résultat serré entre les deux principales formations
Le scrutin s’est joué dans un contexte de forte concurrence entre le MLSTP et l’ADI. Les chiffres communiqués par la CEN font apparaître un écart limité entre les deux formations. Une première publication de la commission faisait état de 17 551 voix pour le MLSTP contre 17 184 pour l’ADI. Des données ultérieures intégrant les suffrages de la diaspora ont conduit à une nouvelle présentation des résultats et des sièges.
Le scrutin du 27 septembre réunissait les électeurs pour des élections législatives, municipales et régionales. Les 55 sièges de l’Assemblée nationale étaient en jeu.
Le MLSTP, ancienne formation dominante de l’archipel avant l’instauration du multipartisme, retrouve ainsi une position centrale dans les institutions.
Le prochain gouvernement face à de nombreux défis
Au-delà des négociations parlementaires, le futur gouvernement devra répondre à plusieurs préoccupations économiques et sociales.
L’emploi des jeunes constitue notamment un enjeu important dans l’archipel. Le départ d’une partie de la jeunesse vers l’étranger alimente également les inquiétudes. Les infrastructures, l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que la qualité des services publics figurent parmi les autres attentes de la population.
La Banque mondiale estime qu’au moins 18 % des Santoméens vivaient à l’étranger en 2025, soit près de 40 000 personnes.
Une nouvelle étape après la présidentielle
Ces élections législatives interviennent quelques semaines après la présidentielle. Carlos Vila Nova a remporté le scrutin organisé en juillet et conserve ainsi la présidence du pays.
La Constitution prévoit que le gouvernement est formé à l’issue des élections législatives et doit obtenir la confiance de l’Assemblée nationale.
Le résultat du 27 septembre ouvre donc une période de négociations. Le MLSTP dispose du plus grand nombre de sièges, mais la formation du prochain gouvernement dépendra de sa capacité à réunir suffisamment de soutiens au Parlement.