ANONYME — Elle pensait avoir trouvé l’endroit idéal pour relancer son activité après plusieurs années passées à la maison. Trois ans après une formation en soins esthétiques et après une pause liée à son accouchement, cette jeune entrepreneure voulait simplement reprendre son indépendance professionnelle.
Une petite place dans un shopping, un investissement modeste et beaucoup d’espoir semblaient suffire pour recommencer. Mais quelques mois plus tard, les relations avec la personne qui lui avait proposé cet espace se sont progressivement détériorées.
Aujourd’hui, elle cherche surtout à tourner la page. Mais un différend financier et des accusations d’ingratitude continuent de la poursuivre.
Une reprise d’activité après trois années d’arrêt
Après sa formation en soins esthétiques, cette femme avait dû interrompre son activité à la suite de son accouchement. Le temps passant, elle a voulu reprendre le chemin du travail.
Avec quelques économies et l’aide financière du père de son fils, elle s’est mise à la recherche d’un local. Une tâche qui s’est révélée plus compliquée que prévu.
« Les agents immobiliers mangeaient mon argent sans rien me présenter dans mon budget », raconte-t-elle.
C’est finalement par l’intermédiaire d’une amie de sa grande sœur qu’une solution s’est présentée : intégrer un espace au sein d’un shopping. Les deux femmes se mettent d’accord sur les conditions et la jeune entrepreneure verse 25 000 FCFA pour six mois.
Pour elle, c’est le début d’une nouvelle aventure.
Les premiers temps sont relativement calmes. Les clientes sont peu nombreuses, mais elle ne se décourage pas. Progressivement, elle investit dans son activité, achète du matériel d’onglerie ainsi qu’une table de massage.
Son espace commence à prendre forme.
Quand les premières tensions apparaissent
Les difficultés commencent, selon son témoignage, après l’installation de son matériel.
La propriétaire de l’espace lui reproche notamment de prendre trop de place avec sa table de massage. Pourtant, la jeune femme affirme que les espaces avaient été délimités dès le départ et qu’une séparation permettait de distinguer clairement les deux activités.
Elle remarque également que sa table est parfois pliée.
Elle choisit alors de ne pas provoquer de confrontation et poursuit la collaboration.
À cette période, les relations semblent encore suffisamment cordiales pour que certaines de ses clientes et même ses modèles achètent des produits auprès de la propriétaire du shopping.
Mais peu à peu, les reproches se multiplient.
Les directs sur les réseaux sociaux au cœur des désaccords
Autre source de tension : les directs réalisés sur les réseaux sociaux pour promouvoir son activité.
La jeune entrepreneure affirme ne jamais dépasser une heure de direct par jour et précise qu’elle choisit, autant que possible, des moments où il n’y a pas de clientes dans l’espace.
Malgré cela, la propriétaire lui aurait reproché de déranger sa clientèle, certaines personnes ne souhaitant pas apparaître sur les réseaux sociaux.
Puis, selon son récit, un autre reproche est venu s’ajouter : pourquoi ne présentait-elle pas également les produits de la propriétaire pendant ses directs ?
Une demande qu’elle dit avoir eu du mal à comprendre, puisqu’on lui reprochait auparavant justement de faire des directs.
À force de « petits malentendus », comme elle les décrit, le climat devient de plus en plus difficile.
Une décision prise dans le silence
La situation prend une nouvelle tournure lorsque la jeune femme apprend que certaines de ses clientes auraient été informées, en son absence, qu’elle ne faisait désormais plus partie du shopping.
Elle comprend alors qu’il est peut-être temps de partir.
Mais elle ne souhaite pas provoquer une rupture brutale.
Considérant la propriétaire comme une grande sœur, elle commence donc à chercher discrètement un nouvel espace. Lorsqu’elle trouve finalement un local, elle l’informe de son départ.
Elle pensait que cette décision serait aussi un soulagement pour l’autre partie.
« Je sentais que je la dérangeais », explique-t-elle en substance.
La réaction est pourtant tout autre.
Le départ tourne au conflit financier
Selon son témoignage, la propriétaire lui reproche de ne pas avoir annoncé son départ suffisamment tôt. Elle estime qu’un préavis aurait dû être donné afin de lui permettre de s’organiser.
Elle lui aurait également expliqué avoir fait acheter une box destinée à présenter ses produits pendant les directs.
La jeune entrepreneure décide alors de ne pas prolonger la discussion. Elle demande à son compagnon d’aller récupérer ses affaires.
C’est à ce moment qu’un nouveau désaccord apparaît.
La propriétaire réclame le paiement du mois d’août, au motif que la jeune femme est restée dans les lieux jusqu’au 6 août et qu’elle a utilisé l’électricité.
Son compagnon propose alors de verser 10 000 FCFA pour couvrir cette période. Selon le récit, la proposition est refusée.
La situation ne s’arrête pas là.
« Elle dit que je suis ingrate »
La propriétaire aurait ensuite expliqué à la grande sœur de la jeune entrepreneure qu’elle se sentait offensée et considérée comme méprisée.
Elle lui reprocherait notamment d’avoir soutenu la jeune femme dans ses débuts et de ne recevoir, en retour, aucune reconnaissance.
Elle aurait également interprété la proposition de 10 000 FCFA faite par le compagnon comme un manque de respect.
De son côté, la jeune femme affirme ne pas comprendre comment la situation a pu dégénérer à ce point.
Elle insiste sur son caractère réservé et assure ne pas avoir cherché à alimenter les discussions autour de cette affaire.
Une question reste au centre du désaccord
Au-delà des reproches personnels, le différend porte désormais sur une question très concrète : combien devait-elle réellement payer au moment de son départ ?
La jeune entrepreneure explique qu’elle versait habituellement son argent le 20 de chaque mois. Elle estime donc ne pas comprendre pourquoi le paiement intégral du mois d’août lui est réclamé alors qu’elle a quitté les lieux le 6 août.
Sa sœur lui conseille, pour mettre définitivement fin au problème, de verser les 25 000 FCFA réclamés.
Mais financièrement, la jeune femme affirme ne pas pouvoir le faire.
Elle vient de payer son nouveau local, de financer les travaux de peinture et d’engager d’autres dépenses nécessaires à son installation. Ses économies sont épuisées.
Elle se retrouve donc face à un choix difficile : payer une somme qu’elle estime ne pas devoir entièrement, au risque de s’endetter davantage, ou maintenir sa position et prolonger un conflit dont elle souhaite pourtant se débarrasser.
Entre tourner la page et préserver les relations
Derrière cette histoire de 25 000 FCFA, c’est finalement une question plus profonde qui apparaît : comment mettre fin proprement à une collaboration lorsque les relations se sont détériorées ?
Dans ce type de situation, les incompréhensions peuvent rapidement prendre une dimension personnelle, surtout lorsque la relation professionnelle repose également sur des liens familiaux ou affectifs.
Le récit de cette entrepreneure rappelle aussi l’importance de clarifier dès le départ les conditions d’occupation d’un espace commercial : durée de location, préavis, paiement mensuel, consommation d’électricité, utilisation des parties communes et conditions de départ.
Un accord écrit, même simple, peut parfois éviter qu’un désaccord professionnel ne devienne un conflit personnel.
Pour cette jeune femme, l’essentiel est désormais ailleurs.
A LIRE AUSSI: https://niannoo.net/tidjane-thiam-pdci-rda-apaisement/
Elle vient de trouver un nouveau local et porte un autre projet. Elle veut pouvoir consacrer son énergie à son activité plutôt qu’à une querelle qui, selon elle, aurait pu être évitée.
Son interrogation demeure néanmoins : a-t-elle réellement mal agi en décidant de partir, ou aurait-elle dû respecter une procédure de départ qui n’avait pas été clairement définie ?
Une chose est certaine : lorsqu’une collaboration arrive à son terme, le dialogue, la transparence et des règles clairement établies peuvent faire toute la différence.