L’absence de Paul Biya continue de faire réagir au Cameroun. Le chef de l’État a quitté le pays le 7 juin dernier pour un séjour privé en Europe. Près de deux mois plus tard, son retour n’a toujours pas été annoncé avec précision.
Cette longue absence intervient alors que plusieurs voix s’interrogent sur le fonctionnement des institutions. Le gouvernement assure pourtant que le président reste aux commandes. Il affirme également qu’aucune vacance du pouvoir n’a été constatée.
L’absence de Paul Biya relance le débat sur le pouvoir
La situation prend désormais une dimension politique. Plusieurs responsables et acteurs de l’opposition s’interrogent sur les conséquences de cette absence prolongée.
Ce lundi 10 août, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, Cabral Libii, a estimé qu’il était encore trop tôt pour parler officiellement de vacance du pouvoir.
De son côté, Paul Stéphane Menounga a saisi le Conseil constitutionnel. Sa démarche porte notamment sur les dispositions relatives à la vacance de la présidence et au rôle du vice-président.
Le gouvernement maintient que Biya exerce ses fonctions
Face aux interrogations, les autorités camerounaises cherchent à rassurer. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a notamment affirmé que Paul Biya était en vie et qu’il continuait d’exercer ses fonctions.
Le gouvernement a aussi évoqué un retour prochain du président. Toutefois, aucune date précise n’a été communiquée à ce jour.
Parallèlement, plusieurs actes présidentiels continuent d’être publiés. Cette situation permet au pouvoir de montrer que les institutions continuent de fonctionner malgré l’absence physique du chef de l’État.
Cinq nouveaux généraux nommés
L’autre fait marquant concerne la hiérarchie militaire. Paul Biya a procédé à plusieurs nominations au sommet de l’armée. Cinq nouveaux généraux ont notamment été nommés dans le cadre d’une réorganisation annoncée début août.
Ces décisions interviennent dans un contexte politique sensible. Elles alimentent donc les interrogations sur les équilibres au sein du pouvoir camerounais et sur la succession à long terme.
Pour l’heure, les autorités continuent de présenter la situation comme normale. Mais l’absence prolongée de Paul Biya maintient la pression sur le régime et place la question de la continuité du pouvoir au centre du débat national.