L’onde de choc des démolitions de Koumassi Campement a atteint les états-majors politiques à Cocody. Bredoumy Soumaïla Traoré, porte-parole du PDCI-RDA, a tenu à lever toute ambiguïté sur les liens entre le parti et le principal suspect, actuellement recherché par la justice. Le député a affirmé ne pas connaître personnellement cet ancien collaborateur municipal, remettant même en cause son appartenance actuelle aux instances de la formation politique.
La direction du parti rejette fermement l’idée qu’un statut politique puisse garantir l’impunité. Les responsables rappellent que l’étiquette politique ne saurait couvrir des actions préjudiciables aux populations. Le parti condamne ainsi les méthodes employées sur le terrain, indépendamment du profil de leur auteur.
Des doutes majeurs sur l’origine des 34 hectares en plein Abidjan
Au-delà de la mise au point politique, le porte-parole exprime sa profonde stupéfaction face à la dimension du domaine foncier revendiqué par le suspect. L’acquisition d’une superficie de 34 hectares dans une zone aussi stratégique de la capitale économique suscite de lourdes interrogations. Le parti estime que la détention d’un tel patrimoine par un ancien élu local ne peut pas passer pour un fait ordinaire.
Le PDCI-RDA soupçonne d’ailleurs une manipulation de plus grande envergure. Bredoumy Soumaïla Traoré compare cette crise foncière à une mise en scène où le véritable instigateur avance masqué. Le député reste convaincu que l’enquête finira par révéler l’identité des acteurs occultes qui soutiennent et encouragent cette opération de destruction.
Un imbroglio sur le terrain et une trêve gouvernementale d’urgence
Pendant que les procédures judiciaires s’accélèrent, la détresse humanitaire persiste à Koumassi Campement. Les résidents s’interrogent toujours sur la validité des destructions, d’autant que plusieurs victimes possèdent des Arrêtés de Concession Définitive (ACD) en bonne et due forme. Le chef coutumier, Nanan Marcellin Koffi, enfonce le clou en affirmant que les bulldozers ont rasé des habitations situées hors des limites réelles du litige foncier.
Devant l’urgence de la situation, l’exécutif ivoirien a dû intervenir pour stopper temporairement l’avancée des machines. Le gouvernement a imposé une suspension des démolitions pour préserver les familles des intempéries de la saison des pluies. Cette trêve salvatrice vise également à garantir le bon déroulement des examens scolaires à grands tirages pour les enfants du quartier.

