Le compte à rebours est lancé avant le 30 septembre. Cette date correspond à une nouvelle journée nationale de mobilisation annoncée par March and March, un mouvement sud-africain opposé à l’immigration sans papiers.
À Durban, la situation inquiète particulièrement les réfugiés et les demandeurs d’asile. Certains vivent depuis plusieurs mois dans des conditions précaires, notamment à proximité des services chargés de leur accueil.
Les tensions se sont déjà manifestées dans la ville. Des affrontements entre militants de March and March et des réfugiés ont notamment fait plusieurs blessés ces dernières semaines. La police a dû intervenir pour empêcher une confrontation plus importante.
Des migrants disent craindre de nouvelles violences
La perspective du 30 septembre ravive les inquiétudes dans plusieurs communautés étrangères.
À Johannesburg, des familles immigrées ont également rapporté des menaces et des actes d’intimidation. Des réfugiés et demandeurs d’asile disent redouter que les manifestations annoncées ne provoquent de nouveaux incidents.
Le mouvement affirme pourtant cibler l’immigration irrégulière et non les étrangers dans leur ensemble. Ses dirigeants réclament notamment le départ des personnes présentes sans titre de séjour.
March and March avait déjà organisé une importante mobilisation nationale le 30 juin. Le mouvement avait ensuite annoncé une nouvelle journée d’action pour le 30 septembre.
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Une vieille fracture autour de l’immigration
Ces tensions s’inscrivent dans une histoire plus large de violences visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud.
Les difficultés économiques, le chômage et les problèmes d’accès à certains services alimentent régulièrement les débats sur l’immigration. Des groupes anti-immigration accusent notamment les étrangers en situation irrégulière de peser sur l’emploi et les services publics.
Les associations de défense des migrants contestent toutefois cette présentation générale. Elles demandent notamment que les situations des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes en situation irrégulière soient clairement distinguées.
À Durban, cette distinction constitue un enjeu important. Des réfugiés affirment être pris pour cible alors même qu’ils disposent d’un statut légal ou sont engagés dans une procédure de demande d’asile. Des témoignages recueillis ces dernières semaines font état d’un climat de peur dans plusieurs communautés.
Une mobilisation avant les élections municipales
La nouvelle journée de manifestations intervient également à quelques semaines des élections municipales sud-africaines.
Le scrutin est officiellement fixé au 4 novembre 2026. La Commission électorale a déjà lancé le processus préparatoire et publié le calendrier électoral.
L’immigration fait partie des questions qui alimentent le débat public à l’approche du scrutin. March and March affirme toutefois ne pas être un parti politique et présente sa mobilisation comme une campagne contre l’immigration clandestine, la criminalité et la dégradation des conditions de vie.
Le mouvement a par ailleurs annoncé une mobilisation plus large le 30 septembre. Celle-ci doit aussi porter sur la criminalité et les violences faites aux femmes, selon les annonces récentes du groupe.
Le 30 septembre sous surveillance
À mesure que la date approche, les autorités doivent donc composer avec deux préoccupations : encadrer les manifestations et prévenir d’éventuelles violences contre les migrants.
Pour les réfugiés et demandeurs d’asile installés dans plusieurs villes, l’enjeu est surtout sécuritaire. Ils redoutent que les discours visant l’immigration irrégulière ne débordent sur l’ensemble des communautés étrangères.
Le 30 septembre devrait ainsi constituer un moment sensible en Afrique du Sud. L’ampleur des rassemblements et leur déroulement permettront de mesurer le niveau de tension autour de la question migratoire.