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Guinée-Bissau : le référendum renforce le pouvoir présidentiel

Guinée-Bissau : le référendum renforce le pouvoir présidentiel

Le projet de Constitution a recueilli 70 % des suffrages lors du référendum de dimanche. Cette réforme pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs en Guinée-Bissau avant les élections de décembre.

Un nouveau chapitre politique pourrait s’ouvrir en Guinée-Bissau. Les résultats provisoires du référendum constitutionnel donnent une nette avance au projet présenté aux électeurs.

La Commission nationale électorale annonce 70 % de voix favorables au texte. La Cour suprême doit encore valider et proclamer les résultats définitifs.

Au-delà du résultat du scrutin, la réforme pourrait surtout transformer le fonctionnement de l’État bissau-guinéen.

Le chef de l’État gagnerait de nouvelles prérogatives

Le projet constitutionnel modifie en profondeur les relations entre les principales institutions du pays.

Le système semi-parlementaire actuel laisserait place à un régime présidentiel. Le président disposerait ainsi d’une autorité plus importante sur l’exécutif.

Il pourrait choisir le Premier ministre et mettre fin à ses fonctions. Le chef de l’État aurait également la possibilité de révoquer les membres du gouvernement.

Le texte lui donnerait aussi le pouvoir de dissoudre le Parlement.

Les promoteurs de la réforme défendent cette évolution comme une réponse aux blocages institutionnels qui ont marqué la vie politique du pays.

Le pouvoir militaire veut tourner la page de la crise

Cette transformation intervient pendant une période de transition dirigée par les militaires.

La junte assure avoir besoin de nouvelles règles pour éviter les affrontements entre les institutions. Elle considère notamment que les rapports conflictuels entre le président et le Premier ministre ont souvent empêché l’État de fonctionner normalement.

Le nouveau dispositif doit donc, selon les autorités, donner davantage de cohérence à l’exercice du pouvoir.

Mais cette justification ne convainc pas tous les acteurs politiques.

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Une partie de l’opposition a refusé de participer

Plusieurs formations politiques ont contesté les conditions du référendum.

Le PAIGC, parti historique de la Guinée-Bissau, a notamment appelé au boycott du scrutin. D’autres opposants dénoncent un environnement qu’ils jugent défavorable à l’expression politique.

La société civile exprime elle aussi des réserves.

Les critiques portent principalement sur la concentration des pouvoirs prévue par le nouveau texte. Certains acteurs craignent qu’un président disposant de prérogatives élargies puisse affaiblir les mécanismes de contrôle démocratique.

Abubacar Ture, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, avait notamment mis en garde contre les risques d’une telle concentration du pouvoir.

Les urnes attendues le 6 décembre

Le calendrier politique donne une importance particulière au référendum.

La transition doit laisser place à un pouvoir civil en décembre. Les autorités ont fixé les prochaines élections générales au 6 décembre 2026.

Le général Horta N’Tam dirige actuellement la transition. La Charte qui encadre cette période lui interdit de briguer la présidence lors du prochain scrutin.

Le vote de décembre doit donc constituer une étape majeure vers le retour d’un gouvernement civil.

Une nouvelle Constitution dans un pays instable

La réforme arrive dans un pays habitué aux crises politiques.

Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu plusieurs renversements du pouvoir et de nombreuses tentatives de coup d’État.

Cette instabilité a régulièrement fragilisé les institutions et perturbé les transitions politiques.

Les autorités espèrent désormais que le nouveau cadre constitutionnel permettra de réduire ces crises.

L’opposition, elle, redoute plutôt que le renforcement du pouvoir présidentiel ne crée un nouveau déséquilibre.

La proclamation définitive des résultats constituera donc la prochaine étape. Le pays devra ensuite organiser les élections générales dans un contexte politique toujours sensible.

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