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Éducation nationale : Koffi N’Guessan veut rebâtir l’école ivoirienne autour de la confiance et de l’excellence

Éducation nationale : Koffi N’Guessan veut rebâtir l’école ivoirienne autour de la confiance et de l’excellence

Éducation nationale en Côte d’Ivoire : Koffi N’Guessan présente sa vision pour l’école ivoirienne

« Vos enfants sont bons. C’est le système qu’ensemble nous allons changer. » En quelques mots, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Koffi N’Guessan, a résumé l’ambition qu’il entend porter pour l’école ivoirienne. Mercredi 19 août, à Yamoussoukro, devant le corps préfectoral, des représentants du Parlement et des collectivités territoriales, il a livré une vision qui place l’élève, l’enseignant et leur environnement au cœur de la transformation du système éducatif.

Loin de réduire les difficultés de l’école aux seuls résultats scolaires, le ministre a choisi d’élargir le débat. Pour lui, l’avenir de l’éducation se joue aussi dans la qualité des établissements, la formation des enseignants, les conditions de vie dans les zones reculées et la capacité du système à préparer les jeunes aux métiers dont l’économie ivoirienne aura besoin.

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Son objectif est clairement affiché : faire de l’école ivoirienne un espace de confiance, d’excellence et de rêve.

Un environnement scolaire qui donne envie d’apprendre

Avant même de parler de programmes ou de diplômes, Koffi N’Guessan insiste sur un élément souvent considéré comme secondaire : le cadre de vie scolaire.

Le ministre estime qu’un enfant ne peut pleinement apprendre dans un environnement dégradé, mal entretenu ou peu accueillant. Il appelle donc les responsables d’établissements à faire de la propreté, de l’entretien et de l’embellissement des écoles une véritable priorité.

Cette conviction, il dit l’avoir forgée notamment lorsqu’il dirigeait l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro. C’est à cette période qu’il avait été surnommé « Koffi Gazon », en référence à son engagement pour des espaces verts et des établissements mieux entretenus.

Derrière cette exigence matérielle, le ministre voit aussi une question de comportement. Un environnement respectueux contribuerait, selon lui, à développer chez les élèves le sens de la discipline, de la solidarité et du respect.

« Si vous n’aimez pas les enfants des autres, vous ne pouvez pas faire ce métier », a-t-il lancé à l’endroit des acteurs du système éducatif.

Tout commence au CP1

Pour transformer durablement l’école ivoirienne, Koffi N’Guessan veut revenir aux fondamentaux. Et, selon lui, ces fondamentaux commencent dès le CP1.

La formation des instituteurs apparaît ainsi comme l’un des principaux chantiers. Le ministre souhaite que les Centres d’animation et de formation pédagogique (CAFOP) retrouvent pleinement leur rôle dans la préparation des enseignants du primaire.

L’idée est de mieux armer les instituteurs, notamment grâce à des outils pédagogiques communs et adaptés aux réalités ivoiriennes. L’enjeu est particulièrement important dans les apprentissages fondamentaux que sont le français et les mathématiques.

Dans cette logique, le ministère envisage de renforcer la production locale des contenus scolaires. Koffi N’Guessan a notamment évoqué la création, à Yamoussoukro, d’un centre consacré au développement des curricula et des ouvrages destinés à l’enseignement primaire.

Les enseignants ivoiriens seraient directement associés à la conception de ces contenus, afin que les manuels utilisés dans les salles de classe correspondent davantage aux réalités du pays.

Pour les niveaux allant de la 6e à la terminale, un autre dispositif serait développé à Bouaké. L’ambition affichée est de construire progressivement une chaîne de production pédagogique nationale, du primaire au secondaire.

Réhabiliter les filières techniques pour préparer les métiers de demain

Dans son intervention, le ministre a également insisté sur un autre enjeu : la place de l’enseignement technique et scientifique.

Pour Koffi N’Guessan, l’école ivoirienne doit davantage orienter les jeunes vers les sciences, la technologie, l’industrie et les métiers d’ingénieurs. Il plaide notamment pour la réhabilitation des anciens Bacs E, F1, F2 et F3, correspondant respectivement aux mathématiques et techniques, à la construction mécanique, à l’électronique et à l’électricité.

À ses yeux, le rapprochement entre certaines de ces disciplines peut ouvrir la voie à des secteurs comme la mécatronique, indispensables à l’industrialisation.

Le ministre estime également nécessaire de développer les classes préparatoires aux grandes écoles et de multiplier les écoles d’ingénieurs.

Son raisonnement est simple : une économie qui ambitionne de produire davantage, de transformer ses matières premières et de maîtriser les technologies dont elle a besoin doit disposer de compétences techniques en nombre suffisant.

« Ce n’est pas la base qu’il faut construire, c’est le sommet », a-t-il déclaré, en appelant à repenser les priorités de l’investissement éducatif.

Des enseignants mieux accompagnés pour mieux transmettre

Difficile, selon le ministre, d’exiger des enseignants des performances élevées sans s’intéresser à leurs conditions de vie.

Dans certaines zones reculées, les difficultés peuvent être très concrètes : absence de logement décent, accès limité à l’eau potable, manque d’électricité ou insuffisance des services sociaux.

« Comment voulez-vous qu’un instituteur enseigne sans logement décent, sans eau potable, sans électricité ? », s’est-il interrogé.

Pour répondre à ces problèmes, plusieurs pistes ont été avancées, notamment le développement des cantines scolaires, des centres médico-scolaires dans les zones éloignées et le recours à l’énergie solaire.

L’objectif est de créer autour de l’enseignant un environnement suffisamment stable pour lui permettre de se concentrer sur sa mission première : transmettre les connaissances et accompagner les élèves.

Cette question dépasse donc le seul cadre salarial. Elle touche aussi à la dignité, au logement, à la santé et aux conditions quotidiennes de travail.

Le sport pour apprendre à vivre ensemble

Autre axe de la vision présentée à Yamoussoukro : le sport scolaire.

Pour Koffi N’Guessan, les activités sportives peuvent contribuer à renforcer la discipline, l’esprit d’équipe et la cohésion entre les élèves. Il souhaite ainsi voir se développer des championnats scolaires capables de créer une véritable émulation entre établissements.

Au-delà de la compétition, le sport est présenté comme un moyen de donner aux jeunes un objectif, une passion et un sentiment d’appartenance.

Le ministre veut également que les élèves disposent de davantage d’activités susceptibles de les détourner de certaines pratiques qu’il juge néfastes.

« Si les enfants ont quelque chose à perdre, ils resteront tranquilles », a-t-il expliqué, défendant l’idée que l’école doit offrir aux jeunes des perspectives suffisamment fortes pour les aider à construire leur avenir.

Une école pensée comme un projet de société

À travers cette intervention, Koffi N’Guessan ne s’est donc pas limité à dresser le constat des difficultés du système éducatif ivoirien. Il a surtout tenté de dessiner une trajectoire.

Cette transformation passerait par des écoles mieux entretenues, des enseignants mieux préparés et mieux accompagnés, des contenus pédagogiques conçus davantage en fonction des réalités nationales, mais aussi par une place plus importante accordée aux filières techniques et scientifiques.

Au centre de cette démarche se trouve une conviction : les enfants ivoiriens ont le potentiel nécessaire pour réussir.

Le défi serait alors de créer les conditions permettant à ce potentiel de s’exprimer.

À Yamoussoukro, le ministre a ainsi adressé un message aux enseignants, aux parents, aux responsables d’établissements et aux autorités : la reconstruction de l’école ne peut être l’affaire d’un seul ministère. Elle suppose une mobilisation collective autour d’une même ambition.

Celle d’une école qui ne se contente plus de transmettre des connaissances, mais qui redonne confiance aux élèves, valorise le travail des enseignants et prépare une génération capable de prendre part au développement économique et technologique de la Côte d’Ivoire.

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